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Prévoyants

Groenland : quelle sont les consignes à suivre en cas de «crise» présentées par le ministère ?

Malgré les affirmations de Donald Trump à Davos selon lesquelles il ne recourrait pas à «la force» pour s’approprier le territoire arctique, le gouvernement groenlandais encourage toute de même sa population à se préparer.

Des soldats danois débarquent au port de Nuuk, au Groenland, le 18 janvier 2026. (Mads Claus Rasmussen/AFP)
Publié le 21/01/2026 à 18h30

Prudence et anticipation au Groenland. Le gouvernement local a dévoilé ce mercredi une brochure fournissant des conseils à la population en cas de «crise» sur le territoire sous tutelle du Danemark, que Donald Trump convoite et souhaite s’octroyer. Une «police d’assurance», a déclaré le ministre groenlandais de l’Autosuffisance lors d’une conférence de presse à Nuuk, mercredi 21 janvier. «On ne s’attend pas à ce qu’il faille y recourir», a en effet souligné Peter Borg.

Kit de survie et entraide

La brochure, intitulée Préparé aux crises - soyez autonomes pendant cinq jours, est en préparation depuis «l’an dernier, avec pour toile de fond des coupures de courant plus ou moins longues», a expliqué le gouvernement. Elle liste des recommandations à destination des habitants. L’accent est mis sur le stockage de nourriture pour cinq jours, de trois litres d’eau par personne et par jour, de papier toilette, une radio à pile mais aussi des armes, des munitions et du matériel de pêche. Ce qui se rapproche d’un kit de survie pour les 57 000 Groenlandais, dont 90 % d’Inuits, pour qui la chasse et la pêche constituent historiquement les principaux moyens de subsistance.

Le document a été rendu public alors que le Premier ministre groenlandais, Jens-Frederik Nielsen, avait jugé mardi qu’une opération militaire contre le Groenland était «improbable» mais que le territoire autonome danois devait y être prêt. «Se préparer, c’est avoir l’esprit tranquille», a fait valoir Peter Borg au journal groenlandais Sermitsiaq, insistant sur les caractéristiques du pays pour se préparer et user de sa capacité d’entraide. «Quand on est capable de se gérer et d’avoir l’énergie d’aider les autres pendant quelques jours, on est plus fort.»

Depuis son retour au pouvoir l’an dernier, Donald Trump martèle vouloir «acquérir» le Groenland en assurant vouloir faire pièce aux avancées russes et chinoises en Arctique. Soufflant le froid et le chaud ces dernières semaines, le président américain a finalement pour l’instant écarté le scénario d’une intervention militaire américaine au Groenland lors de son allocution à Davos ce mercredi. «Je n’utiliserai pas la force», a-t-il affirmé, sans pour autant faiblir sur son envie de mettre la main sur le territoire arctique et tout en réclamant des «négociations immédiates» pour l’acquérir «en pleine propriété». Ce en dépit de l’avis des principaux concernés : selon un sondage publié en janvier 2025, 85 % des Groenlandais sont opposés à leur rattachement aux Etats-Unis.

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