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Guerre en Ukraine : la Russie affirme que son offensive continuera tant que Kyiv n’acceptera pas ses conditions

Après un premier round de discussions fin janvier, des délégations ukrainienne, russe et américaine doivent se retrouver dans la capitale des Emirats arabes unis ce mercredi. Mais pour le Kremlin, la perspective d’une paix ne semble possible que s’il obtient tout ce qu’il réclame.

Des voitures détruites par une frappe de drone russe à Zaporijia, en Ukraine, mardi 3 février 2026. (photo/REUTERS)
Publié aujourd'hui à 8h12, mis à jour le 04/02/2026 à 13h10

Donald Trump a dit mardi soir qu’il voulait que Vladimir Poutine «mette fin à la guerre». Il semble bien le seul à y croire, alors que les négociateurs ukrainiens, russes et américains se retrouvent ce mercredi 4 février à Abou Dhabi (Emirats arabes unis) pour faire avancer de difficiles pourparlers visant à mettre fin à quatre ans de guerre en Ukraine. Et cette «fin de guerre» semble davantage soumise aux conditions de la Russie qu’au fruit de véritables discussions : le Kremlin a assuré ce mercredi qu’il «poursuivra» son offensive en Ukraine tant que Kyiv n’aura pas accepté ses demandes.

«Tant que le régime de Kyiv n’aura pas pris la décision appropriée, l’opération militaire spéciale se poursuivra», a déclaré aux journalistes le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov. Récemment, le Kremlin avait affirmé que l’une des conditions «très importante» serait que les forces ukrainiennes se retirent des zones qu’elles contrôlent encore dans le Donbass, dans l’est de l’Ukraine. Après quelques jours de répit, de nouvelles frappes massives russes ont visé des sites énergétiques ukrainiens mardi 3 février. Des centaines de drones et missiles ont été lancés. Kyiv et plusieurs grandes villes d’Ukraine ont connu de nouvelles coupures de chauffage et de courant alors que la température descend la nuit jusqu’à -20°C.

«Chaque frappe russe de ce type confirme que l’attitude de Moscou n’a pas changé : ils continuent de miser sur la guerre et la destruction de l’Ukraine», a fustigé mardi le président ukrainien, Volodymyr Zelensky. Il a assuré que «le travail de l’équipe de négociation [ukrainienne] sera adapté en conséquence», sans autres détails.

Steve Witfkoff de la partie

Ce mercredi matin, deux personnes ont péri dans une frappe de drone russe sur la région ukrainienne de Dnipropetrovsk (centre-est), ont annoncé les autorités locales quelques heures avant le début des discussions. Plus tard dans la journée, au moins six morts ont été recensé dans une frappe russe sur un marché dans l’Est. Dans la nuit, des missiles et des drones avaient déjà touché les villes de Kharkiv (Nord-Est) et d’Odessa (Sud).

Russes, Ukrainiens et Américains se sont déjà retrouvés aux Emirats arabes unis fin janvier pour discuter du plan proposé par Washington pour mettre fin à la guerre. L’agence officielle russe Tass a fait savoir ce mercredi matin que la délégation russe était arrivée à Abou Dhabi. Le principal négociateur russe est le chef du renseignement militaire Igor Kostioukov, un officier de marine de carrière sous sanctions occidentales.

On ignorait ce mercredi matin si les délégations américaine et ukrainienne étaient déjà sur place. La première est emmenée par le chef du Conseil de sécurité national et ancien ministre de la Défense, Roustem Oumerov, réputé fin diplomate. Elle inclut aussi le nouveau chef de l’administration présidentielle Kyrylo Boudanov, ancien chef du renseignement militaire ukrainien. Lors des précédentes négociations, l’équipe américaine était dirigée par l’émissaire spécial Steve Witkoff et ce devrait de nouveau être le cas.

Désaccord territorial

Déclenchée par l’invasion russe de février 2022, la guerre en Ukraine elle est devenue le pire conflit armé en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale, faisant des dizaines voire des centaines de milliers de morts et des millions de réfugiés.

Le principal point de désaccord est territorial. Moscou réclame notamment que les forces ukrainiennes se retirent des zones encore sous leur contrôle dans la région de Donetsk. L’Ukraine rejette cette demande mais craint que Washington n’appuie la position russe.

Ce territoire industriel et minier de l’est de l’Ukraine, revendiqué par Moscou, est l’épicentre des combats et abrite les plus puissantes défenses ukrainiennes face aux assauts russes. Kyiv pousse de son côté pour un arrêt des combats à la ligne de démarcation actuelle et un gel du front.

Mise a jour à 12 h 34, avec ajout de la déclaration du Kremlin sur les conditions de la paix.

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