En apparence, il ne s’agit que d’une simple visite de voisinage. Le Premier ministre indien, Narendra Modi, est arrivé ce vendredi 22 mars au Bhoutan pour deux jours de discussions qui «s’inscrivent dans la tradition d’échanges réguliers de haut niveau» entre les deux pays, a indiqué le bureau du chef du gouvernement indien. Mais sa venue dans ce petit Etat de 800 000 habitants situé à l’est de l’Inde revêt un caractère stratégique de première importance. A moins d’un mois des élections générales indiennes, Modi peut difficilement donner l’impression qu’il se désintéresse de ce carrefour de tensions au cœur de l’Himalaya. Alors que son rival, la Chine, s’efforce d’y accroître son influence, il entend renforcer ses liens avec le royaume bouddhiste. Signe d’un intérêt ancien et primordial, c’est au Bhoutan que, tout juste élu, Modi avait réservé sa première visite à l’étranger, en juin 2014.
«L’Inde et le Bhoutan entretiennent depuis longtemps des relations exceptionnelles caractérisées par une confiance absolue, une bonne volonté et une compréhension mutuelle à tous les niveaux», a d’ailleurs insisté vendredi le ministère indien des Affaires étrangères. A son arrivée, Modi a retrouvé son homologue bhoutanais, Tshering Tobgay, pour signer des protocoles d’accord sur l’énergie, le commerce, la connectivité numérique, l’espace, l’agriculture et les échanges de jeunes. Le 14 mars, Modi avait accueilli Tobgay qui effectuait son premier déplacement à l’étranger après a




