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Enquête

«J’ai été torturé par la Chine et abandonné par mon pays» : un Français dans l’enfer des geôles chinoises

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Condamné pour un supposé trafic de drogue avant d’être acquitté, un commerçant a passé plus de deux ans de détention près de Canton. Il livre un récit édifiant sur le système carcéral de la deuxième puissance économique du monde, et dénonce les graves défaillances des autorités diplomatiques françaises.

Rémi (1), Français détenu et torturé en prison en Chine, à Paris, le 28 août 2025. (Cyril Zannettacci/Vu pour Libération)
Publié le 15/09/2025 à 11h30, mis à jour le 15/09/2025 à 19h15

Son corps tout entier porte encore les stigmates de nombreuses blessures non soignées. Une fracture du nez, qui fait que du sang coule quand il se mouche le matin. Une autre de la main droite, qui provoque des craquements à chaque mouvement du poignet. D’autres encore au niveau de la mâchoire, responsables de la perte de cinq dents. Rémi (1), 48 ans, qui préfère conserver l’anonymat par crainte des représailles, souffre aussi d’une épaule longtemps déboîtée, d’une double hernie inguinale, de violentes douleurs articulaires et lombaires, de troubles digestifs et ophtalmologiques. Et surtout d’un très lourd stress post-traumatique lié aux actes de torture et de barbarie qu’il a subis en Chine, où il a été détenu deux ans et quatre mois dans des conditions terrifiantes. Condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour trafic de drogue à l’issue d’un simulacre de procès, il a finalement été acquitté avant d’être sommé de quitter le pays, dépouillé de tous ses biens.

La première fois que Rémi débarque à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris, en mars 2022, le médecin des urgences constate ses multiples traumatismes corporels et psychologiques. Depuis, le Français a subi de nombreuses opérations chirurgicales et enchaîne les hospitalisations. En mars 2025, une expertise judiciaire confirme que la plupart de ses symptômes sont directement «imputables» à ses conditions de détention. Dans son rapport d’une quarantaine de pages, que Libération a pu consulter, l’ex

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