L’Union européenne pourrait ajouter les Gardiens de la révolution en Iran à la liste des organisations terroristes de l’UE, a annoncé ce jeudi 29 janvier la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, peu avant le début d’une réunion des ministres des Affaires étrangères des pays membres.
La veille, l’Elysée a annoncé que la France soutenait cette mesure. Selon les informations du Parisien, plusieurs parlementaires français ont écrit mercredi au président de la République en lui faisant une demande en ce sens, alors que le bras armé idéologique de la République islamique d’Iran est accusé par les organisations de droits humains d’avoir orchestré la répression meurtrière du vaste mouvement contestataire qui secoue le pays.
Le portrait
C’est le chef de la diplomatie italienne, Antonio Tajani, qui doit proposer ce jeudi aux autres pays de l’Union européenne d’ajouter les Gardiens de la révolution sur cette liste. Le soutien français pourrait peser lors de la décision, qui doit être prise à l’unanimité des 27 Etats membres, selon les règles de l’UE.
«L’insoutenable répression de la révolte pacifique du peuple iranien ne peut rester sans réponse», a affirmé mercredi sur X le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot. «Avec nos partenaires européens, nous prendrons demain à Bruxelles des sanctions contre les responsables de ces exactions. L’accès au territoire européen leur sera interdit, leurs actifs seront gelés», a-t-il assuré, demandant également à Téhéran de «libérer les prisonniers, mettre fin aux exécutions, lever le blocus numérique, et permettre à la Mission d’établissement des faits du Conseil des droits de l’Homme des Nations Unies d’enquêter sur les crimes commis en Iran».
L’Iran a de son côté mis en garde contre des «conséquences destructrices» si l’Union européenne décidait de cette inscription.
«Il ne peut y avoir aucune impunité»
Plus tôt dans la journée, la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, avait affirmé que la France «n’avait pas de tabou» concernant le statut des Gardiens de la révolution. Elle avait jugé au passage «infondées» les «critiques sur la prétendue faiblesse de la France» face à la répression engagée par le régime iranien, la qualifiant de «répression d’une violence sans équivalent dans l’histoire contemporaine de l’Iran». «Une réflexion est en cours avec nos partenaires européens sur la désignation des Gardiens de la révolution comme organisation terroriste», avait-elle également pointé lors du compte rendu du Conseil des ministres, sans préciser toutefois si Paris soutenait la proposition italienne.
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«Il ne peut y avoir aucune impunité contre ceux qui se sont rendus responsables de crimes contre le peuple iranien», avait pour sa part affirmé le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, assurant que l’Union européenne prendra des sanctions contre cette organisation.
Cette annonce intervient alors que la pression s’accentue sur l’Iran : Donald Trump a averti mercredi que «le temps était compté» avant une attaque contre le pays. «Une armada massive se dirige vers l’Iran. Elle se déplace rapidement, dotée d’une grande puissance», a-t-il assuré, en référence au déploiement du porte-avions Abraham Lincoln dans le golfe Persique, lundi. Peu après la mise en garde du président américain, son chef de la diplomatie Marco Rubio a estimé quant à lui que l’Iran était «plus faible que jamais» et dit s’attendre à ce que les manifestations reprennent à terme. En réponse, Téhéran a menacé de répondre «comme jamais» en cas d’opération américaine.




