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Empire austro-hongrois

Le Florentin, diamant de la dynastie des Habsbourg porté disparu depuis plus de cent ans, retrouvé au Canada

Le joyau légendaire, évanoui en 1919 et depuis considéré comme volé ou retaillé, était en réalité conservé depuis des décennies dans le coffre d’une banque au Canada, révèlent des descendants de la famille impériale au «New York Times» ce jeudi.

Copie du Florentin réalisée en 1865 et exposée depuis au Museum d'histoire naturelle de Vienne. (Wikimedia Commons)
Publié le 06/11/2025 à 16h57

Pendant des décennies, le diamant jaune pâle de 137 carats avait été porté disparu. En dehors des radars. Certains considéraient que le «Florentin», appartenant à la dynastie des Habsbourg – qui a occupé pendant plusieurs siècles une place de tout premier plan parmi les maisons régnantes d’Europe –, avait été dérobé. D’autres le pensaient perdu, volatilisé peu de temps après la fin de la Première Guerre mondiale, en 1919. D’autres encore le voyaient déjà retaillé et morcelé en de nombreuses pièces, envoyées aux quatre coins du monde. Une situation que certains imaginent déjà pour les huit bijoux dérobés lors du «casse du siècle» au Louvre à la mi-octobre.

Mais comme le racontent des descendants de l’ancienne famille impériale au New York Times dans un article publié ce jeudi, cette pierre légendaire en forme de poire jaune, passée entre les mains du Saint-Siège et des Médicis, souverains de Florence, n’a jamais été dérobée. Encore moins retaillée. Elle a toujours été dans un lieu sûr, à des milliers de kilomètres du lieu de résidence des Habsbourg.

Car, alors que l’on croyait le Florentin disparu dès 1919, après la fuite de Charles Ier, empereur d’Autriche-Hongrie, vers la Suisse, il n’en était rien. Le bijou est, depuis le moment où la famille du monarque s’est exilée au Canada au milieu de la Seconde Guerre mondiale, en sécurité dans un coffre-fort d’une banque québécoise. A l’intérieur d’une valise cabossée, enroulé dans du papier jauni, aux côtés d’autres bijoux tout aussi précieux.

Selon des descendants de la famille Habsbourg, l’impératrice Zita de Bourbon-Parme, épouse de Charles Ier, serait arrivée outre-Atlantique avec différents joyaux, dont le diamant Florentin, dans cette petite valise en carton.

La pierre bientôt exposée au Canada

Karl von Habsburg-Lothringen, 64 ans, petit-fils de Charles Ier, souligne ainsi que l’emplacement du diamant avait été gardé secret depuis la mort de l’ancien empereur, en 1922. Et devait être tu pendant encore plus de cent ans après son décès. «Moins les gens en savent, plus la sécurité est assurée», pointe-t-il.

Christoph Köchert, lui-même descendant des joailliers de la cour impériale d’Autriche, a dans la foulée de ces révélations examiné le diamant et attesté de son authenticité, raconte le New York Times. «Son motif de coupe correspond presque exactement aux représentations dans les sources historiques», a-t-il assuré dans un communiqué, ajoutant avoir la «certitude qu’il s’agisse de l’authentique diamant Florentin».

«C’est un exploit extraordinaire d’avoir réussi à le préserver pendant cent ans, incognito», a de son côté remarqué Richard Bassett, membre associé du Christ’s College de Cambridge, auteur d’un livre sur les Habsbourg.

Le sceau du secret désormais levé, la famille Habsbourg souhaite exposer le diamant florentin et d’autres bijoux aux yeux de tous, dans un musée canadien, afin de remercier le pays d’avoir accueilli l’épouse de Charles Ier et ses huit enfants, alors que l’Allemagne était sur le point d’envahir l’Europe. Mais pas question de vendre le diamant, assure la famille, qui refuse par ailleurs de spéculer sur la valeur du bijou.

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