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Interview

«Les enfants revenus de Syrie appartiennent à la communauté nationale»

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Les juges Claire Paucher et Muriel Eglin se chargent des enfants de jihadistes qui reviennent en France. Depuis 2016, les magistrates tentent de trouver la meilleure façon de les accompagner, entre angoisses psychologiques et traumatismes physiques.

Dans le camp d'Al-Hol, dans le nord-est de la Syrie, en mars. (Delil Souleiman/AFP)
Publié le 05/08/2021 à 18h48

C’est un dossier jugé toxique par l’Elysée et Emmanuel Macron. L’un de ceux qui sont tenus à distance, qui n’apparaissent pas dans les discours du Président. La France est l’un des pays européens les plus réticents à rapatrier de Syrie les enfants de jihadistes de l’Etat islamique. Au printemps 2019, leur retour était pourtant programmé. Une liste des services de renseignement intérieurs (DGSI, Direction générale de la sécurité intérieure) avait prévu des vols vers la France pour plus de 160 hommes, femmes et enfants français, comme l’avait révélé Libération. Mais des sondages défavorables et une dégradation de la sécurité dans les camps ont fait reculer l’Elysée. Seuls 35 enfants, sur plus de 250, ont été rapatriés de Syrie, où certains sont parfois nés. La France ne peut en revanche s’opposer au retour de ceux qui sont en Turquie. Leurs parents, leur mère le plus souvent, les y ont emmenés après avoir fui la Syrie ou l’Irak, parfois après s’être échappé des camps syriens. Leur rapatriement se fait dans le cadre

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