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Libération de prisonniers américains, retour du réseau social X… le pouvoir vénézuélien donne quelques gages aux Etats-Unis

Un responsable du département d’Etat américain a salué mardi ces libérations. Dans le même temps, le réseau social X, propriété de l’ex-allié de Donald Trump Elon Musk, était de nouveau accessible dans le pays.

Une manifestation à Caracas pour la libération de prisonniers, le 13 janvier 2026. (Juan Barreto/AFP)
Publié le 14/01/2026 à 8h50

«Une étape importante». Un responsable du département d’Etat américain a annoncé sous couvert d’anonymat mardi 13 janvier que le Venezuela avait commencé à libérer des prisonniers étasuniens. «Nous saluons la libération d’Américains détenus au Venezuela. C’est une étape importante dans la bonne direction de la part des autorités intérimaires», a-t-il déclaré, dix jours après la capture par Washington de Nicolás Maduro. Aucun détail n’a en revanche filtré sur les circonstances de la libération de ces prisonniers ni leur nombre.

C’est la présidente par intérim vénézuélienne Delcy Rodriguez qui avait ordonné la libération de prisonniers. Donald Trump s’est félicité de ce geste, affirmant avoir «annulé» en retour une nouvelle attaque américaine. Les Etats-Unis ont fait de la libération de leurs citoyens détenus à l’étranger une priorité, Washington ayant déjà obtenu la libération de certains d’entre eux lors d’un accord l’an dernier avec Maduro.

De nombreuses personnes ont par ailleurs été détenues au Venezuela pour avoir participé à des manifestations contestant la victoire de Nicolás Maduro à la présidentielle de 2024. Des ressortissants espagnols et italiens se trouvaient notamment parmi les personnes récemment libérées par Caracas.

X de retour au Venezuela

Autre signe d’ouverture, en tout cas envers les Etats-Unis, le retour du réseau social X, propriété du milliardaire américain et ancien de l’administration Trump, Elon Musk, dans le pays. X avait été bloqué pendant plus d’un an par Caracas. Le président déchu Nicolás Maduro, qui avait eu des échanges véhéments par internet avec Elon Musk, l’avait fait bloquer en 2024 en rétorsion aux critiques sur sa réélection contestée publiées sur ce réseau, dont le modèle de régulation est par ailleurs au cœur d’une opposition frontale avec l’Union européenne. Ministres, parlementaires et institutions gouvernementales avaient immédiatement cessé d’utiliser la plateforme, qui était auparavant le premier canal d’information du pays, pour opérer à la place sur Telegram.

Mardi soir, il était possible avec certains opérateurs d’utiliser X au Venezuela, même si l’accès était encore bloqué avec d’autres. «Nous reprenons contact par cette voie… Restons unis, avançons vers la stabilité économique, la justice sociale et l’Etat-providence auquel nous méritons d’aspirer !», a notamment écrit sur son compte Delcy Rodriguez. L’ancienne vice-présidente, qui a prêté serment comme présidente par intérim à l’Assemblée nationale le 5 janvier, fait figurer dans sa bio : «Présidente intérimaire de la République bolivarienne du Venezuela. Aux côtés du président Nicolás Maduro sur le chemin de Bolivar et de Chavez».

Un peu plus tôt, le ministre de l’Intérieur Diosdado Cabello, souvent considéré comme le numéro deux du pouvoir vénézuélien et comme un de ses dirigeants les plus radicaux, avait envoyé un message similaire sur son compte X : «Je passe par ici pour adresser une grande accolade aux frères et sœurs du Venezuela et du monde qui ont été attentifs à la situation de notre pays». «Nous allons reprendre cette voie pour communiquer ; restez à l’écoute. Nous vaincrons !», a-t-il ajouté.

Diosdado Cabello a reçu plus de 700 commentaires en un peu plus de deux heures, «mèmes» avec Donald Trump notamment, affiches de la récompense - 25 millions de dollars - pour sa capture ou messages de solidarité. «Tu es le prochain», «Ils vont venir te chercher» ont menacé certains détracteurs, tandis que des partisans écrivaient «Nous vaincrons», ou «Merci d’être là et de ne jamais abandonner».

Cette mesure concernant X survient alors que Delcy Rodriguez, sous pression de Donald Trump, a, depuis la chute de Maduro, signé des accords pétroliers avec les Etats-Unis et ouvert la voie à la reprise des relations diplomatiques rompues depuis 2019.

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