Menu
Libération
«Toxine létale»

L’opposant russe Alexeï Navalny a été «empoisonné» en prison par la Russie, selon cinq pays dont la France

Suite à ces annonces, Londres a fait savoir que l’empoisonnement serait signalé à l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques en tant que violation flagrante par la Russie de sa convention.

Le leader de l'opposition russe Alexeï Navalny dans une cage en verre lors d'une audience au tribunal de Moscou le 12 février 2021. (Tribunal du district de Babouchkinsky. Moscou /AFP)
Publié aujourd'hui à 14h57, mis à jour le 14/02/2026 à 16h09

Une «toxine rare» serait à l’origine de la mort de l’opposant russe Alexeï Navalny en février 2024. «Le Royaume-Uni, la Suède, la France, l’Allemagne et les Pays-Bas sont convaincus qu’Alexeï Navalny a été empoisonné avec une toxine létale», ont déclaré ces pays dans une déclaration conjointe ce samedi 14 février, en marge de la conférence de Munich sur la sécurité.

Le Foreign Office explique qu’un «travail constant et collaboratif a confirmé, par des analyses de laboratoire, que la toxine mortelle présente dans la peau des grenouilles-dards d’Equateur (l’épibatidine) a été retrouvée dans des échantillons prélevés sur le corps d’Alexeï Navalny». C’est celle-ci qui a «très probablement entraîné sa mort».

Suite à ces annonces, Londres a fait savoir que l’empoisonnement serait signalé à l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) «en tant que violation flagrante par la Russie» de sa convention, et appelle Moscou «à cesser immédiatement cette activité dangereuse».

«Seul le gouvernement russe avait les moyens, le mobile et l’occasion d’utiliser cette toxine létale contre Alexeï Navalny durant son emprisonnement en Russie», a déclaré la ministre britannique des Affaires étrangères Yvette Cooper, citée dans le communiqué. Et d’ajouter : «Aujourd’hui, aux côtés de sa veuve, le Royaume-Uni met en lumière le projet barbare du Kremlin visant à faire taire sa voix.»

De son côté, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, écrit dans une publication sur X que l’empoisonnement de Navalny montre que Vladimir Poutine «est prêt à utiliser l’arme chimique contre son propre peuple pour se maintenir au pouvoir».

Une thèse défendue par la veuve de Navalny

Ces nouvelles conclusions viennent confirmer la thèse défendue par la veuve de l’opposant, Ioulia Navalnaïa, qui avait affirmé en septembre dernier que son mari avait été «empoisonné». «Il y a deux ans [...] je suis venue sur scène et j’ai dit “Vladimir Poutine a tué mon mari” [...] Et aujourd’hui ces mots sont devenus un fait prouvé par la science», a-t-elle réagi peu après ces annonces.

Charismatique militant anticorruption et farouche opposant à l’invasion russe de l’Ukraine lancée en 2022, Alexeï Navalny est mort à 47 ans voilà maintenant deux ans dans des circonstances floues dans une colonie pénitentiaire en Arctique, alors qu’il purgeait une peine de 19 ans d’emprisonnement pour des accusations qu’il dénonçait comme politiques.

Après sa mort, les autorités avaient refusé pendant plusieurs jours de remettre son corps à ses proches, ce qui a éveillé les soupçons de ses partisans qui accusent le pouvoir de l’avoir «tué» et de chercher à maquiller son meurtre. Des accusations démenties par le Kremlin.

Mise à jour à 15 h 42 avec la réaction du ministre des Affaires étrangères français, Jean-Noël Barrot.
Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique