C’est l’un des pires massacres commis au Nigeria, depuis plusieurs mois : au moins 162 personnes ont été tuées mardi 3 février dans le petit village de Woro, situé dans l’Etat de Kwara au centre ouest du pays. Selon plusieurs sites nigérians, les assaillants seraient arrivés à 17 heures sur des mobylettes, encerclant le village. La suite relève du carnage.
«Ils tiraient au hasard dans toutes les directions pour que personne ne puisse s’échapper. Ceux qui essayaient de fuir étaient abattus et ceux qui se sont rendus ont été rassemblés dans le palais royal où ils ont été ligotés puis tués», racontera un témoin du drame au site Nigerian News Direct. Ce survivant affirmera également avoir vu des victimes brûlées vives dans des magasins et des maisons, après que les assaillants les ont enfermées à l’intérieur et mis le feu aux bâtiments visés.
«Boko Haram, c’est l’explication la plus confortable»
Dans un communiqué diffusé mercredi 4 février, le président Bola Tinubu a accusé Boko Haram, longtemps le plus important groupe jihadiste présent au Nigeria, d’être à l’origine du massacre. Mais dans l’immédiat, rien ne vient attester sa présence dans cette région, éloignée de ses bases du nord du pays.
Cette version est d’ailleurs jugée peu crédible par le chercheur Fiacre Vidjingninou, affilié à l’Institut Egmont en Belgique. «Boko Haram, c’est le nord-est du Nigeria. C’est un mouvement profondément territorialisé, qui agit dans des zones qu’il connaît intimement. Ce qu’on observe ici, c’est plutôt la signature de l’Etat isl




