Professeure à l’Institut national des langues et civilisations orientales, la sociologue Laetitia Bucaille vient de publier Gaza, quel avenir ? chez Stock, dans lequel elle examine les deux voies possibles pour l’enclave palestinienne après la conclusion de l’accord entre le Hamas et Israël : s’enfoncer dans la guerre, ou s’en extraire enfin pour construire une vraie paix.
Votre livre sort en pleine actualité avec le cessez-le-feu à Gaza, l’aviez-vous anticipé ?
Après une période de sidération générée par le massacre du 7 Octobre et prolongée par la guerre israélienne menée à Gaza, il m’a semblé nécessaire de m’extraire de cet état, d’essayer de comprendre, de mener des recherches et d’écrire. La question de la violence, celle des mécanismes qui conduisent à son accomplissement sont pour moi centrales. Le fait qu’une société consente à la brutalité et à la cruauté est toujours une énigme, même si elle se répète inlassablement au Moyen-Orient et ailleurs. Pour tenter d’éclairer ces processus, enquêter sur place était nécessaire et pour la première fois, nombre d’Israéliens et de Palestiniens que j’ai rencontrés se montraient incapables d’envisager la souffrance et l’injustice que subissait l’autre, leur propre douleur et angoisse obscurcissaient tout le reste. L’objectif de cette recherche était aussi d’explorer les scénarios envisageables vers des formes d’apaisement ou vers l’enfermement dans la violence, les pistes lancées dans ce livre ne sont d’ailleurs pas e




