Un chiffon scotché à un bâton. Une étoffe achetée sur le tard. Ou un simple mouchoir noué à l’anse d’un sac. A Paris, ce dimanche 19 novembre, des pointes de blanc éclaircissent ici et là un cortège aux mille nuances de noir. Comme autant de lueurs d’espoir, toutes attirent le regard. Celle de Jean-Pierre peut-être un peu plus que les autres. «C’est vous qui l’avez dessiné ?» l’interpelle un manifestant, curieux. Sur son drapeau effiloché, un visage encadré d’ailes de colombe, fait de quelques coups de feutre bleu, flotte au gré de la brise. Réponse teintée de fierté du sexagénaire : «Oui, c’est une adaptation de la colombe de la paix de Picasso.»
⚪A la marche pour la paix des artistes, des milliers de participants passent devant le Musée d'art et d'histoire du judaïsme pic.twitter.com/vCfCrp0yOd
— Viniac (@EliseViniacourt) November 19, 2023
Le dessin originel, aujourd’hui exposé au musée d’art moderne de Paris, date de 1949. Plus de soixante-dix ans plus tard, sa symbolique reste d’actualité. En pleine guerre entre le Hamas et Israël, Jean-Pierre comme des milliers de manifestants ont répondu présents à l’appel lancé par plus de 500 artistes à une «marche silencieuse» dans la capitale. Pas de revendication, pas de slogan, pas de politique : seuls les drapeaux blancs et les imprécations à la paix adressés aux deux peuples sont acceptés. «C’est important que les artistes se mobilisent. L’art amène la paix, c’est le meilleur ambassadeur», obse