Regain de tensions entre la force militaire des Nations unies présente au Liban, les Casques bleus, et l’Etat hébreu. Moins de quarante-huit heures après avoir accusé l’armée israélienne d’ériger un mur en béton en territoire libanais, «rendant plus de 4 000 m² de territoire libanais inaccessibles» aux habitants – une accusation que Tsahal dément –, la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) annonce ce dimanche 16 novembre que des tirs ont été assénés sur ses membres par Tsahal dans le sud du Liban. Aucun blessé n’est à déplorer, mais l’organisme exhorte Israël à cesser toute attaque contre les Casques bleus.
Pour rappel, la Finul œuvre avec l’armée libanaise à l’application de l’accord de cessez-le-feu ayant mis fin le 27 novembre 2024 à plus d’un an de conflit, dont deux mois de guerre ouverte, entre le mouvement pro-iranien Hezbollah et Israël.
«Ce matin, les Forces de défense israéliennes (FDI) ont tiré sur des soldats de la paix de la Finul à partir d’un char Merkava situé près d’une position établie par Israël en territoire libanais», indique ainsi un communiqué de la Finul. Elle précise que des mitrailleuses lourdes ont tiré près des soldats, mais qu’ils ont pu quitter les lieux en toute sécurité lorsque le char s’était retiré.
Un «comportement agressif»
Ces tirs «constituent une violation grave de la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies», a poursuivi la même source, en référence à la résolution de l’ONU qui a mis fin à la guerre de 2006 entre Israël et le Hezbollah et sert de base à l’accord de cessez-le-feu de novembre. En vertu de cette résolution, seuls l’armée libanaise et les Casques Bleus peuvent se déployer dans le sud du Liban, près de la frontière israélienne.
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La Finul a appelé «l’armée israélienne à cesser tout comportement agressif et toute attaque contre ou à proximité des soldats de la paix, qui s’efforcent de rétablir la stabilité que tant Israël que le Liban disent rechercher».
Tsahal admet avoir confondu les Casques bleus avec des «suspects»
Face à ces accusations, l’armée israélienne rétorque ne pas avoir tiré de façon «délibérée», ayant confondu les soldats de l’Onu avec des «suspects», a-t-elle indiqué dans un communiqué.
«Plus tôt dans la journée [de dimanche], deux suspects ont été identifiés dans la zone d’El Hamames, dans le sud du Liban. Les troupes ont ensuite tiré des coups de semonce […], après vérification, il a été déterminé que les suspects étaient des soldats de l’ONU qui effectuaient une patrouille dans la région», a déclaré l’armée israélienne, précisant que l’affaire était «en cours d’examen».
Il y a quelques semaines, à la fin octobre, les Nations unies et la France avaient déjà dénoncé des tirs israéliens à proximité de troupes de la Finul dans le sud du Liban. Plus tôt, en septembre, la Force onusienne avait également affirmé que des drones israéliens y avaient largué quatre grenades près de ses positions, Israël affirmant alors qu’il n’y avait eu «aucun tir intentionnel» contre elle.
Malgré l’accord de cessez-le-feu, l’armée israélienne occupe toujours cinq positions dans le sud du Liban, frontalier du nord d’Israël, et mène régulièrement des frappes sur le territoire libanais en affirmant viser le Hezbollah.




