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Peine capitale

Au moins 1 500 condamnés exécutés en Iran l’an dernier, 356 en Arabie saoudite

Selon l’ONG Iran Human Rights, Téhéran accentue le recours aux exécutions depuis la contestation déclenchée par la mort de Mahsa Amini. A Riyad, la hausse est notamment liée à la reprise des exécutions pour des affaires de drogue.

Lors d'un rassemblement contre les exécutions en Iran à Paris, le 19 avril. (Bastien Ohier/Hans Lucas. AFP)
Publié le 01/01/2026 à 17h10

Sombre record. Au moins 1 500 condamnés à mort ont été exécutés en Iran en 2025, selon un décompte de l’ONG Iran Human Rights (IHR), qui affirme qu’il s’agit du chiffre annuel d’exécutions le plus élevé recensé par l’organisation depuis trente-cinq ans. «Ce dont nous sommes sûrs, c’est que le nombre d’exécutions dépasse les 1 500. C’est un record. C’est le plus grand nombre d’exécutions recensées ou signalées depuis la fin des années 1980, soit depuis plus de trente-cinq ans», a déclaré jeudi à l’AFP Mahmood Amiry-Moghaddam, directeur de cette ONG basée en Norvège. D’autres exécutions restent à confirmer, a-t-il ajouté, évoquant une hausse «sans précédent».

Selon lui, le nombre d’exécutions a notamment augmenté depuis le mouvement de contestation «Femme, Vie, Liberté» qui avait secoué l’Iran fin 2022, après la mort de Mahsa Amini. «Le nombre d’exécutions augmente donc de façon dramatique d’année en année. De plus de 500 en 2022, nous sommes passés à plus de 800 en 2023, puis à 975 en 2024, et aujourd’hui, on en est à plus de 1 500», a détaillé Mahmood Amiry-Moghaddam.

«Empêcher de nouvelles manifestations»

«Les autorités iraniennes utilisent la peine de mort comme un instrument de terreur. […] L’objectif de ces exécutions était d’empêcher de nouvelles manifestations. Mais comme vous le voyez, ces derniers temps, elles n’ont pas réussi», a-t-il estimé.

L’Iran connaît des manifestations depuis cinq jours, dans le cadre d’un mouvement lancé dimanche par des commerçants de la capitale Téhéran dénonçant l’hyperinflation galopante et la dégradation de la situation économique dans le pays. Depuis, des rassemblements sporadiques se sont tenus dans plusieurs villes et universités.

Un membre des forces de l’ordre a été tué tôt jeudi dans l’ouest du pays, premier mort officiellement recensé dans le cadre de ces rassemblements. Ce mouvement contre la vie chère est à ce stade sans commune mesure avec le mouvement qui avait secoué l’Iran fin 2022.

«Maintenir l’ordre public»

L’Arabie Saoudite établit elle aussi un record. Elle a exécuté 356 personnes en 2025, selon un bilan établi jeudi par l’AFP, soit le chiffre le plus haut jamais enregistré dans le royaume, l’un des pays au monde qui recourt le plus à la peine de mort. La monarchie conservatrice du Golfe applique la peine de mort à un rythme effréné, alimenté par sa campagne de lutte contre la drogue lancée en 2023, selon des experts.

D’après ce bilan basé sur les chiffres officiels publiés par le gouvernement, 243 condamnés ont été exécutés en 2025 pour des affaires liées à la drogue. En 2024, l’Arabie Saoudite avait déjà établi un record avec un total de 338 exécutions.

Les défenseurs des droits humains dénoncent une application excessive de la peine de mort et en décalage avec les efforts affichés par le pays pour présenter l’image moderne et réformiste voulue par le prince héritier Mohammed ben Salmane. Selon Ryad, la peine capitale est nécessaire pour «maintenir l’ordre public» et elle n’est appliquée que si «les accusés ont épuisé tous les recours».

Après avoir observé un moratoire d’environ trois ans pour les affaires de drogue, les autorités saoudiennes ont repris ces exécutions visant en particulier des étrangers, et lancé dans la foulée une campagne de lutte contre le narcotrafic. Elles ont multiplié les contrôles de police sur les routes et aux frontières, arrêté des dizaines de personnes et saisi des millions de pilules.

D’après l’ONG Amnesty International, qui comptabilise depuis 1990 les exécutions dans cette riche monarchie suivant une application rigoriste de la loi islamique, le royaume était en 2024 le pays au monde qui a exécuté le plus de prisonniers après la Chine et l’Iran.

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