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Libération
Reportage

Au Salon du livre de Damas, la renaissance de la culture suscite l’enthousiasme et les convoitises

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Organisé cette semaine pour la première fois depuis la chute d’Assad, l’événement a attiré des centaines de milliers de visiteurs dans la capitale syrienne, sous le regard attentif et intéressé de nouveaux mécènes internationaux, dont le Qatar et l’Arabie Saoudite.

Un ancien chef de brigade dédicace ses mémoires au Salon international du livre de Damas, le 11 février. (Merlin Ferret)
ParArthur Sarradin
envoyé spécial à Damas (Syrie)
Publié aujourd'hui à 18h05

«Jour après jour, le salon brille un peu plus.» Peut-être autant que les yeux de l’éditeur Ghaith Maktabi, lorsqu’il observe les allées du Salon du livre de Damas, le premier organisé depuis la chute du régime Assad, qui se tient jusqu’au 16 février. L’homme a quelque chose de romanesque, à l’image des personnages des ouvrages qu’il publie : petit et débonnaire, à la gouaille facile, toujours prêt à causer à n’importe qui, surtout s’il passe à portée de voix.

«Lui, par exemple, je ne sais pas trop qui c’est, glisse-t-il en désignant un officier en treillis, concentré à signer ses mémoires devant une file d’autres soldats, mais je suis venu prendre sa dédicace, parce que maintenant cette armée, je la sens proche de moi. Elle est à notre service. Elle n’est plus là, comme avant, pour nous arrêter ou nous torturer. L’atmosphère du pays a changé», se réjouit-il.

Un an plus tôt, sous Assad, un tel rassemblement relevait encore de la fiction. Aujourd’hui, plus de 500 maisons d’édition, des dizaines de milliers de titres arabes et internationaux, et 250 000 visiteurs dès le premier jour, sel

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