Plus de 400 touristes sont bloqués sur l’île de Socotra, en mer d’Arabie au large du Yémen, après l’annulation de leurs vols en raison des tensions qui secouent le pays depuis plusieurs jours, ont affirmé lundi 5 janvier des responsables locaux à l’AFP. Le trafic aérien est perturbé au Yémen en raison des affrontements sur le continent entre les séparatistes du Conseil de transition du Sud (STC), soutenus par les Emirats arabes unis, et des forces gouvernementales appuyées par l’Arabie saoudite.
Mais leur calvaire est bientôt terminé : un responsable de l’aéroport de l’île a affirmé ce mardi 6 janvier qu’ils allaient pouvoir rentrer chez eux à partir de mercredi. Ils seront rapatriés via la compagnie Yemenia Airways en direction de la ville yéménite d’Aden, puis de Jeddah, en Arabie saoudite, a indiqué ce responsable sous couvert d’anonymat.
Les touristes, parmi lesquels une soixantaine de Russes, étaient arrivés d’Abou Dhabi à bord d’une compagnie émiratie à bas coût, mais ils devront rentrer en passant par l’Arabie saoudite car les vols directs entre le Yémen et les Emirats arabes unis ont été interdits, a-t-il ajouté. Dans un post publié sur Facebook, l’ambassade russe au Yémen a partagé les détails du premier vol prévu mercredi en précisant que le billet coûtait 700 dollars. «Des vols réguliers sont prévus ultérieurement, mais pour l’instant, aucune information précise n’est disponible», a-t-elle ajouté.
Faute d’avion retour, les touristes voués à camper
«Nous avons plus de 400 touristes étrangers […] leurs vols ont été annulés», avait affirmé dans un premier temps lundi l’adjoint au gouverneur de Socotra chargé de la culture et du tourisme, Yehya ben Afrar. Tous les vols intérieurs et internationaux ont été suspendus sur cette île depuis la déclaration par le gouvernement de l’état d’urgence fin décembre, y compris les trois vols hebdomadaires transportant généralement les touristes à partir d’Abou Dhabi, aux Emirats arabes unis, a expliqué un représentant local. Seul le trafic à l’aéroport d’Aden, dans le sud du Yémen, a repris dimanche après plusieurs jours d’interruption.
Selon ce même représentant local, 416 touristes sont actuellement retenus sur l’île. Hormis la soixantaine de russes, des Britanniques, des Français et des Américains figurent parmi eux, a affirmé à l’AFP un diplomate occidental. D’après le média The Straits Times, une ressortissante singapourienne est également coincée sur place. Elle raconte avoir été redirigée vers un camping après que son vol a été annulé. L’agence de voyages avec laquelle elle est partie, Rocky Road Travel, a fourni des vivres et des tentes aux visiteurs étrangers en attendant que de nouveaux vols soient programmés.
Frappes
Situés dans les eaux turquoise de la mer d’Arabie, au large des côtes sud du Yémen, les quatre îles et deux îlots rocheux de l’archipel de 50 000 habitants ont été relativement épargnés par le conflit qui dévaste ce pays pauvre de la péninsule arabique depuis plus de dix ans. Surnommée «les Galapagos de l’océan Indien», et classée au patrimoine mondial de l’Unesco en 2008, cette île à la biodiversité unique attire de nombreux touristes et influenceurs. La plupart viennent via les Emirats, principaux soutiens du STC, qui contrôle l’île.
Archives - Reportage
Ce mouvement s’est emparé début décembre de vastes territoires dans le sud du Yémen, provoquant la colère des autres factions au sein du gouvernement, soutenues par l’Arabie saoudite. Ces dernières ont lancé vendredi une opération contre les positions du STC dans la province de Hadramout, dans le sud du Yémen, accompagnée de frappes de l’aviation saoudienne. Le STC fait partie du gouvernement yéménite, une coalition hétéroclite en guerre contre les rebelles houthis qui contrôlent le nord du pays.




