C’est non. La branche armée du mouvement islamiste palestinien Hamas a réaffirmé, lundi 29 décembre, que le groupe islamiste «ne renoncerait pas» à ses armes, avant une rencontre Trump-Nétanyahou aux Etats-Unis consacrée notamment à l’avenir de Gaza. «Il doit y avoir un désarmement du Hamas», a rétorqué le président américain depuis sa résidence Mar-a-Lago, en Floride, où il a accueilli le Premier ministre israélien pour une rencontre consacrée notamment à l’avenir de Gaza.
Les Brigades Ezzedine al-Qassam ont également confirmé la mort de leur porte-parole Abou Obeida, qui avait été annoncée par Israël en août. «Notre peuple se défend et ne renoncera pas à ses armes tant que l’occupation perdurera, il ne se rendra pas, même s’il doit se battre à mains nues», a déclaré son successeur, qui a repris le même nom de guerre, dans une vidéo diffusée sur Telegram.
Analyse
Ces déclarations sont intervenues à quelques heures d’une rencontre entre le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou et son allié Donald Trump en Floride. Le représentant de l’Etat hébreu devrait chercher à concentrer les regards sur l’Iran et pourrait plaider pour de nouvelles frappes américaines contre le programme nucléaire de Téhéran. Le Premier ministre israélien compte ainsi aborder le «danger que posent l’Iran» et son programme balistique, «non seulement pour le Moyen-Orient mais aussi pour les Etats-Unis», selon la porte-parole du bureau de Benyamin Nétanyahou, Shosh Bedrosian.
Le Hamas veut «un gel ou un stockage des armes»
Mais Washington et des médiateurs régionaux souhaitent avant tout accélérer la cadence pour lancer la deuxième phase du fragile cessez-le-feu, en vigueur depuis octobre entre Israël et le Hamas dans la bande de Gaza. Cette deuxième étape prévoit le désarmement du Hamas, un retrait progressif de l’armée israélienne de Gaza, la mise en place d’une autorité de transition et le déploiement d’une force internationale de stabilisation dans le territoire palestinien.
Problème : avant d’entamer les tractations sur la deuxième phase, Israël veut aussi insister sur l’importance de la restitution du corps du dernier otage retenu à Gaza, selon la porte-parole du bureau du Premier ministre. Shosh Bedrosian. Le Hamas assure ne pas avoir réussi à le localiser jusqu’à présent. Benjamin Nétanyahou veut en outre appuyer sa demande de voir «le Hamas désarmé [et] Gaza démilitarisé» dans cette phase suivante, a-t-elle ajouté.
Le Hamas veut le retrait «des armes meurtrières de l’occupation»
Une idée rejetée par le mouvement islamiste qui a récemment proposé «un gel ou un stockage des armes» et rejeté la responsabilité sur Israël. «Nous appelons toutes les parties concernées à œuvrer en faveur du désarmement des armes meurtrières de l’occupation, qui ont été et continuent d’être utilisées pour exterminer notre peuple», a affirmé lundi le nouvel Abou Obeida.
Dans ce même message vidéo, les Brigades Ezzedine al-Qassam ont par ailleurs exprimé leur respect au «grand commandant martyr Abou Obeida». Israël avait annoncé qu’il avait été tué le 30 août à Gaza dans une frappe de l’armée israélienne mais le Hamas n’avait alors pas confirmé son décès. Porte-parole des Brigades Ezzedine al-Qassam depuis 2002, Abou Obeida, de son vrai nom Houdhayfa Samir al-Kahlout, avait été l’un des chefs du Hamas à annoncer dans une vidéo l’attaque du 7-Octobre.
Une énième figure de proue pour le Hamas
Au cours de la guerre, il était devenu une figure centrale, très attendue par les habitants de Gaza ainsi que par les médias, pour les déclarations officielles de la branche militaire du Hamas, en particulier celles liées aux opérations d’échange entre otages israéliens et détenus palestiniens.
Né le 11 février 1985 et élevé dans le camp de réfugiés de Jabalia, dans le nord de la bande de Gaza, Abou Obeida a rejoint le Hamas à un jeune âge avant de devenir membre des Brigades Ezzedine al-Qassam. Il a ensuite accédé au poste de porte-parole unique du groupe, diffusant des messages vidéo en tenue militaire, le visage systématiquement dissimulé par un keffieh rouge. Il aurait été la cible de plusieurs tentatives d’assassinat israéliennes. «Pendant de nombreuses années, seul un cercle très restreint de responsables du Hamas connaissait sa véritable identité», a déclaré un responsable du Hamas.
Israël a décimé une partie de la direction du Hamas au cours de deux années de combats dans la bande de Gaza, affirmant chercher à détruire le groupe islamiste à la suite de l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre. Son successeur est apparu masqué sur la vidéo, vêtu dans le style caractéristique de l’ancien porte-parole. Il a aussi annoncé la mort de quatre autres commandants du Hamas tués dans des opérations militaires israéliennes.




