Le nucléaire sera-t-il le seul sujet abordé par l’Iran et les Etats-Unis au cours de leurs pourparlers qui débutent ce vendredi à Oman ? C’est la question qui continue d’agiter les suiveurs du dossier, tandis que Téhéran ne veut pas entendre parler d’un autre sujet, là où Washington entend bien élargir ce cadre.
«L’égalité, le respect mutuel et l’intérêt réciproque ne sont pas de vaines paroles, mais des conditions indispensables et les piliers d’un accord durable», a déclaré dans un message en anglais sur X le ministre des Affaires étrangères iranien Abbas Araghchi, depuis Mascate où il représentera son pays à ces pourparlers.
Ces discussions sont les premières depuis les frappes sur des sites nucléaires iraniens menées en juin 2025 par les Etats-Unis lors de la guerre de douze jours déclenchée par une attaque israélienne contre l’Iran. Elles se déroulent dans un contexte d’intimidation, qui a vu le président Trump déployer une armada navale dans la région et ne pas exclure un nouveau recours à la force en cas d’échec.
Washington veut «une capacité nucléaire nulle» pour Téhéran
«L’Iran s’engage dans la voie diplomatique en toute lucidité et en gardant à l’esprit les événements de l’année écoulée», a souligné Araghchi, ajoutant : «Nous agissons de bonne foi et défendons fermement nos droits.» Côté américain, les pourparlers seront pilotés par l’émissaire du président américain pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff.
Les Iraniens «négocient», s’est félicité jeudi Donald Trump. «Ils ne veulent pas que nous les frappions», a-t-il ajouté, concentrant son attention sur le nucléaire, après avoir envisagé de frapper l’Iran en soutien aux contestataires réprimés dans le sang au début du mois de janvier. «Le président a clairement exprimé ses exigences envers le régime iranien. Il a été très explicite sur le fait qu’il souhaitait une capacité nucléaire nulle», a rappelé jeudi soir la porte-parole de M. Trump, Karoline Leavitt, soulignant qu’il est «le commandant en chef de l’armée la plus puissante de l’histoire».
La tenue des négociations à Oman en rappellera d’autres, puisque c’est notamment là que les deux pays avaient déjà mené des pourparlers au printemps 2025 Iran et les Etats-Unis avaient déjà mené des négociations au printemps notamment dans le sultanat d’Oman, gelées par la guerre des 12 jours. Elles achoppaient notamment sur la question de l’enrichissement d’uranium par Téhéran. Question épineuse dans les négociations : là où les pays occidentaux et Israël accusent l’Iran de vouloir se doter de l’arme atomique, la république islamique fait valoir son droit à développer une filière nucléaire civile.
Le nucléaire, rien que le nucléaire, martèle l’Iran
L’Iran a martelé ne vouloir discuter que du dossier nucléaire, pour obtenir la levée des sanctions internationales qui asphyxient l’économie, rejetant toute négociation sur son programme balistique ou son soutien à diverses formations hostiles à Israël, notamment le Hezbollah libanais et le Hamas palestinien. «Les pourparlers portent sur le nucléaire», a encore insisté jeudi soir la télévision d’Etat, citant un responsable de la délégation iranienne.
Mais le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, est lui aussi catégorique : pour aboutir, les négociations devront «inclure certains éléments, notamment la portée de leurs missiles balistiques, leur soutien aux organisations terroristes […] et le traitement réservé à leur population». Des exigences qui, face à l’«inflexibilité» de l’Iran, réduisent «la probabilité d’une solution diplomatique», a estimé l’Institute for the Study of War, un think-tank géostratégique basé aux Etats-Unis
Mais «l’Iran continue de faire preuve d’inflexibilité face aux demandes des Etats-Unis, ce qui réduit la probabilité […] d’une solution diplomatique», estime l’Institute for the Study of War, basé aux Etats-Unis. Aux menaces de Washington, Téhéran répète son intention de riposter par une attaque des bases américains dans la région. «C’est au président américain de choisir entre le compromis ou la guerre», a déclaré jeudi le porte-parole de l’armée, le général Mohammad Akraminia, cité par la télévision d’Etat.




