Tony Blair, Javier Milei, Recep Tayyip Erdogan… Pour mener à bien les missions du Conseil de la paix pour Gaza, qu’il présidera, Donald Trump a promis le «plus grand et prestigieux conseil jamais assemblé», dont il a commencé à dévoiler les noms vendredi et samedi 17 janvier. Cette présentation intervient deux jours après que Steve Witkoff, son émissaire, a annoncé le lancement de la phase deux du plan Trump visant à mettre fin à la guerre dans le territoire, après trois mois de fragile cessez-le-feu entre le Hamas et Israël, obtenu le 10 octobre sous la pression de Washington.
Cette deuxième phase prévoit le désarmement du Hamas, le retrait progressif des troupes israéliennes de la bande de Gaza et le déploiement de la Force internationale de stabilisation, selon les termes de ce plan endossé par le Conseil de sécurité de l’ONU en novembre. Le Conseil de la paix, où il est difficile d’ignorer l’absence (temporaire ?) de dirigeants de l’Union européenne, doit superviser ce processus ainsi que le comité palestinien et technocratique composé de 15 personnalités, formé pour administrer temporairement la bande de Gaza. Sa composition, appelée à évaluer, «va servir les intérêts d’Israël», a dénoncé le Jihad islamique, allié du Hamas, tandis que le bureau de Benyamin Nétanyahou a regretté une composition qui «n’a pas été coordonnée avec Israël et va à l’encontre de sa politique».
Tony Blair
L’ex-Premier ministre britannique Tony Blair a été l’un des premiers choisis par Donald Trump pour faire partie de ce Conseil, notamment pour le rôle qu’il a joué dans l’élaboration du plan de Donald Trump. L’ex-dirigeant travailliste de 72 ans s’était en effet rendu à la Maison Blanche en août pour présenter un projet visant à mettre fin au conflit meurtrier dans le territoire palestinien.
Pax Americana
«Je remercie le président Trump pour son leadership dans la création du Conseil pour la paix et je suis honoré d’avoir été nommé à son comité exécutif», a réagi Tony Blair samedi dans un communiqué, assurant que «la mise en œuvre de ce plan exigera un engagement considérable et un travail acharné».
Le nom de l’ex-Premier ministre britannique pour faire partie de ce Conseil avait circulé dès l’automne, suscitant de nombreuses critiques notamment de la part de pays arabes en raison de son soutien à l’invasion américaine de l’Irak en 2003.
Recep Tayyip Erdogan
Le président américain a également «invité» son homologue turc Recep Tayyip Erdogan à siéger au Conseil de la paix pour Gaza, a annoncé samedi le service de communication de la République turque. Le chef de la diplomatie turque, Hakan Fidan, a par ailleurs été désigné pour participer au comité exécutif que supervisera le Conseil de la paix, a confirmé son ministère samedi.
La Turquie, proche de la direction politique du mouvement palestinien Hamas et soutien affiché des Palestiniens, a participé à l’accord de cessez-le-feu à Gaza signé en octobre en Egypte, son autoritaire président souhaitant endosser un d’acteur incontournable dans la région. Ankara s’est dit prêt à participer à tout déploiement d’une force de surveillance de cet accord, ainsi qu’aux efforts de reconstruction du territoire palestinien dévasté.
Abdel Fattah al-Sissi
Pour sa part, l’Egypte examine son intégration au Conseil de paix pour Gaza, après l’invitation à y siéger adressée par Donald Trump au président dictateur égyptien, a annoncé samedi le chef de la diplomatie égyptienne, Badr Abdelatty.
«Nous avons reçu une invitation de la partie américaine, de la part du président américain, adressée […] au président Abdel Fattah al-Sissi pour rejoindre le Conseil de la paix, et nous étudions cette question», a déclaré le ministre lors d’une conférence de presse.
Javier Milei
Le président argentin Javier Milei a affirmé samedi sur le réseau social X qu’il avait reçu une invitation de la part du président américain Donald Trump à rejoindre, en tant que membre fondateur, le Conseil de paix pour Gaza. En partageant sur son compte une image de la lettre d’invitation, le dirigeant libertarien, proche allié de Donald Trump, écrit que ce serait «un honneur» d’y participer.
De hauts responsables et diplomates
Le Conseil de la paix pour Gaza comptera aussi le secrétaire d’Etat américain Marc Rubio, l’envoyé spécial des Etats-Unis au Moyen-Orient Steve Witkoff, le gendre du président américain Jared Kushner, homme d’affaires et médiateur officieux du gouvernement Trump, ou encore le président de la Banque mondiale, l’Indien Ajay Banga.
La liste de sept personnalités - dont cinq Américains - composant ce que la Maison Blanche appelle le «founding executive board» comprend aussi Marc Rowan, un milliardaire patron du fonds d’investissement Apollo Global Management, et Robert Gabriel, un conseiller de Donald Trump.
Cessez-le-feu
Chacun d’eux va «superviser un secteur défini, nécessaire à la stabilisation et au succès à long terme de Gaza, ce qui inclut la mise en place de structures de gouvernement, les relations régionales, la reconstruction, l’attractivité pour les investissements, le financement à grande échelle et la mobilisation de capital», selon la Maison Blanche.
De son côté, le diplomate bulgare Nickolay Mladenov, que l’on savait destiné à un rôle important, sera Haut représentant pour Gaza. Et le général américain Jasper Jeffers dirigera la Force internationale de stabilisation dans le territoire palestinien.
Plan égyptien arabo-islamique
Le déploiement de cette force, prévu par le plan Trump, doit permettre d’aider à sécuriser Gaza et de former des unités de police palestiniennes. Les travaux de reconstruction «s’appuieront essentiellement» sur le plan égyptien arabo-islamique, a affirmé le président du comité palestinien, Ali Shaath, ingénieur et ancien vice-ministre palestinien.
Ce plan avait été adopté en mars 2025, avec le soutien des pays européens, en réponse au projet alors avancé par Donald Trump d’une prise de contrôle du territoire palestinien par les Etats-Unis pour en faire la «Riviera du Moyen-Orient» après en avoir expulsé les habitants. Le Hamas avait rejeté en octobre la création du Conseil de la paix pour Gaza, un de ses hauts responsables, Osama Hamdan, dénonçant un retour «à l’ère des mandats et du colonialisme».




