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Détention

Deux militants français emprisonnés en Israël, interpellés lors d’une action contre la colonisation en Cisjordanie

Une étudiante âgée d’une vingtaine d’années et un de ses camarades ont été arrêtés par les autorités israéliennes le dimanche 1er février. Il leur est reproché de s’être rendus dans une zone d’exclusion militaire, occupée par l’armée.

Une base israélienne venant d'être établie, sur une colline près du village d'Al-Mughayyir, au nord de Ramallah, le 1er février 2026. ( Zain Jaafar /AFP)
Publié aujourd'hui à 19h24

«Camille» et «Momo» (noms d’emprunts), deux jeunes militants français, sont emprisonnés depuis le 1er février en Israël après avoir été arrêtés en Cisjordanie. Ils s’étaient rendus sur place pour protester contre la colonisation israélienne sur le territoire, avec l’ONG International Solidarity Movement (ISM) à Al-Mughayyir, à 27 kilomètres au nord de Ramallah, rapporte Ici Pays de Savoie ce vendredi 6 février.

Une «zone d’exclusion militaire» décrétée sans préavis

Camille, jeune étudiante originaire de Chambéry (Savoie), y réalisait des «night shifts», soit des gardes nocturnes pour surveiller les environs et prévenir les locaux en cas d’arrivée des colons israéliens, qui tentent de prendre possession de terres dans le secteur avec les forces de l’armée. Ce dimanche 1er février, Tsahal a instauré sans préavis une zone d’exclusion militaire - qui définit un périmètre dont l’entrée est proscrite par l’armée. Pris de court, les activistes internationaux et locaux présents sur place ont alors refusé de partir, soutenant que la zone n’avait pas été définie au préalable. Plusieurs d’entre eux ont été interpellés par les soldats israéliens.

Selon l’ONG ISM, qui retrace les évènements sur son site Internet, Camille et Momo, ont été emmenés au poste de police de la colonie de Shaar Binyamin. Une photo de deux activistes dans leur cellule a été diffusée sur les réseaux sociaux, et aurait été moquée par le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, selon ICI Pays de Savoie. Les deux Français sont actuellement détenus à la prison de Givon, dans la ville de Ramla, selon leur avocat Alon Sapir. Ce dernier assure «qu’ils vont bien» et que tous deux «ont insisté sur le fait que les prisonniers palestiniens sont traités bien pire qu’eux». Joint par ICI, Alon Sapir confirme que Camille «n’a pas été violentée», ni lors de son arrestation, ni en prison.

Une possible expulsion vers la France

Présentée à un juge pour une procédure de révocation de visa, Camille a refusé de signer un document garantissant qu’elle ne reviendrait pas dans la zone. Alors que les autorités israéliennes veulent l’expulser vers la France, la jeune femme a décidé de faire appel pour ressortir libre et rester sur place. En cas de rejet de cet appel, son expulsion pourrait être effective dans les prochaines heures.

Une manifestation est prévue ce vendredi 6 février à 20 heures à Chambéry, pour demander la libération de Camille et Momo. Dans un message sur les réseaux sociaux, le député La France insoumise de la 4e circonscription de Savoir, Jean-François Coulomme, a notamment appelé à la mobilisation. «C’est dans une tentative de soutenir cette résistance (celle du peuple cisjordanien face à la colonisation, ndlr), dans la mesure de mes moyens, que j’ai choisi d’aller en Cisjordanie» soutenait Camille dans un communiqué, rédigé en prévision d’une éventuelle arrestation, et publié par ISM.

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