En résumé :
- Branche armée du Hamas, les Brigades al-Qassam ont revendiquée l’attentat qui s’est déroulé la veille dans le quartier de Jaffa à Tel-Aviv. Cette attaque a fait au moins sept morts et une quinzaine de blessés.
- Sur la frontière israélo-libanaise, des soldats de Tsahal ont effectué une une brève incursion en deux points du sud du Liban, où le Hezbollah a affirmé avoir détruit trois chars qui avançaient vers un village frontalier.
- L’armée israélienne a annoncé la mort de huit soldats israéliens au Liban, après de violents affrontements avec des combattants du Hezbollah. Il s’agit des premières pertes annoncées par l’armée israélienne au Liban depuis le début de cette offensive.
- Le secrétaire générale de l’ONU, Antonio Guterres, est désormais persona non grata sur le territoire israélien, accusé par la diplomatie de l’Etat hébreu d’être un «secrétaire général anti-israélien qui apporte son soutien aux terroristes». Depuis les attaques du 7 Octobre, les relations entre les Nations Unies et le le gouvernement de Benyamin Nétanyahou n’ont cessé de se dégrader
Israël élimine le gendre de Hassan Nasrallah. Hassan Jaafar Kassir, par ailleurs cadre du Hezbollah, a été tué lors d’un raid israélien dans le quartier de Mazzeh à Damas. Plus tôt dans la soirée, l’Observatoire syrien des droits de l’homme avait indiqué : «Un raid israélien a visé un appartement dans un immeuble résidentiel du quartier de Mazzé, fréquenté par des dirigeants du Hezbollah libanais et des Gardiens de la révolution iraniens.» Le bilan : trois morts, dont deux non Syriens, et quatre blessés.
Les Etats-Unis réfléchissent à une réponse aux attaques iraniennes. Prenant la parole devant la presse, le secrétaire d’Etat adjoint américain Kurt Campbell a assuré que les Etats-Unis avaient «réellement conscience de la possibilité d’une extension des opération terrestres au Liban». Une prise de parole qui arrive alors que les Etats-Unis avaient semblé être mis devant le fait accompli par Israël lors des récentes opérations militaires au Liban. «C’est un moment de grand péril, a-t-il poursuivi, mais aussi de possibilités», laissant croire aux capacités américaines à trouver des solutions diplomatiques. Et alors qu’Israël a poursuivi ses frappes, en même temps que le combat s’engageait au sol contre le Hezbollah, le diplomate a assuré que «la plupart des acteurs ne cherchaient ni l’escalade, ni l’élargissement du conflit». S’agissant enfin de l’Iran, Kurt Campbell a fait planer la menace : «Israël n’est pas seul à réfléchir à une réponse aux attaques de l’Iran.»
António Guterres interdit d’entrée en Israël : «une attaque de plus contre le personnel de l’ONU». Les Nations unies ont dénoncé la décision du gouvernement israélien d’interdire à son secrétaire général, António Guterres, d’entrer dans le pays hébreu. Le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric, a déclaré que la décision du ministre israélien des Affaires étrangères, Israël Katz, était «une nouvelle attaque du gouvernement israélien contre le personnel des Nations unies». Plus tôt dans la journée, ce dernier avait déclaré le chef de l’ONU persona non grata, l’accusant d’être un «secrétaire général anti-israélien qui apporte son soutien aux terroristes». Le porte-parole onusien a rappelé qu’António Guterres avait condamné à plusieurs reprises les attaques du Hamas et les violences sexuelles, et que l’ONU continuait de travailler avec Israël «au niveau opérationnel et à d’autres niveaux».
Cibler les sites nucléaires iraniens, une riposte marquante, mais contre-productive. La menace israélienne de frapper les infrastructures n’auraient d’efficacité que si elles étaient «menées sur des installations réparties sur l’ensemble du territoire iranien et nécessiteraient la suppression des défenses aériennes iraniennes». Improbable. A fortiori, une telle démarche pourrait conduire l’Iran, qui a considérablement renforcé ses positions, à sortir du traité sur la non-prolifération des armes nucléaires. L’analyse de Luc Mathieu
L’avertissement jordanien à l’Iran et à Israël. «La Jordanie ne sera le champ de bataille de personne», a affirmé le ministre ces Affaires étrangères jordanien Ayman Safadi, lors d’un entretien téléphonique avec son le chef de la diplomatie britannique David Lammy, selon un communiqué du ministère jordanien des Affaires étrangères. Le royaume «fera face avec toutes ses capacités à toute menace à sa sécurité, à sa stabilité et à la sécurité de ses citoyens», a-t-il ajouté, précisant que «la Jordanie avait clairement informé l’Iran et Israël de cette position».
«Benyamin Nétanyahou a toujours utilisé la menace iranienne, qui est bien réelle» Selon David Khalfa, codirecteur de l’Observatoire de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient de la Fondation Jean-Jaurès, les tirs de Téhéran contre Israël permettent au Premier ministre israélien de s’installer dans la position confortable du chef de guerre qui entend venger ses citoyens traumatisés. Notre interview
Le Premier ministre libanais réclame un cessez-le-feu pour son pays. Le premier ministre par intérim du Liban, Najib Mikati, a déclaré que son pays avait besoin d’un cessez-le-feu pour mettre fin à l’intensification des hostilités entre Israël et le groupe armé Hezbollah. Il a ajouté qu’environ 1,2 million de personnes avaient été déplacées à travers le Liban par les attaques israéliennes. «Arrêtez de vous battre. Nous n’avons pas besoin de plus de sang. Nous n’avons pas besoin de plus de destruction», a-t-il déclaré lors d’une réunion organisée par l’American Task Force on Lebanon, un groupe de pression basé aux États-Unis. «Un cessez-le-feu s’impose immédiatement», a-t-il ajouté.
Les Etats-Unis rapatrient leurs ressortissants. Les Etats-Unis ont organisé ce mercredi un vol de Beyrouth, capitale libanaise, à Istanbul en Turquie, pour permettre à une centaine d’Américains de quitter le Liban. Le porte-parole du département d’État, Matthew Miller, a indiqué lors d’une conférence de presse qu’environ 7 000 citoyens américains au Liban s’étaient inscrits auprès du gouvernement américain pour recevoir des informations sur la manière de quitter le pays, mais que tous ne cherchaient pas à obtenir de l’aide pour partir. Washington travaillerait également avec les compagnies aériennes pour permettre des vols supplémentaires.
Méthode coué au G7. Réunis par leur présidence italienne plus tôt dans la journée, les pays du G7 ont estimé, à la sortie de leur réunion, qu’«une solution diplomatique est encore possible» au Moyen-Orient et rappelé qu’un «conflit à l’échelle régionale n’est dans l’intérêt de personne». Au cours de cette réunion téléphonique, les chefs d’Etat ou de diplomatie des sept pays (France, Etats-Unis, Canada, Japon, Royaume-Uni, Italie, Allemagne) ont exprimé «leur forte préoccupation face à l’escalade» du conflit au Moyen-Orient et «fermement condamné» l’attaque iranienne contre Israël mardi.
Biden s’oppose à des frappes israéliennes sur les installations nucléaires iraniennes. Alors que les autorités militaires israéliennes ne s’interdisent aucune option dans leur riposte à l’Iran, y compris des frappes sur les installations nucléaires de Téhéran, les Etats-Unis se sont dits opposés, mercredi soir, à cette option. «La réponse est non, a dit à des journalistes Joe Biden qui lui posaient la question de son éventuel soutien. Nous sommes d’accord tous les sept sur le fait que les Israéliens ont le droit de riposter, mais qu’ils doivent répondre de manière proportionnée.» Le chef d’Etat a également indiqué qu’il y aurait de nouvelles sanctions contre l’Iran et qu’il s’entretiendrait rapidement avec le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou.
La branche armée du Hamas revendique l’attentat terroriste à Tel Aviv. Dans un communiqué publié ce mercredi, les Brigades al-Qassam du Hamas, branche armée du groupe terroriste, ont revendiqué l’attentat qui s’est déroulé la veille dans le quartier de Jaffa à Tel-Aviv. Cette attaque a fait au moins sept morts et une quinzaine de blessés.
Une frappe israélienne fait au moins deux morts à Damas. Au moins deux personnes ont été tuées dans un raid israélien visant pour le deuxième jour consécutif le quartier de Mazzé à Damas, a fait savoir ce mercredi l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH). Cet immeuble était «fréquenté par des dirigeants du Hezbollah libanais et des Gardiens de la révolution iraniens», a ajouté l’ONG. Début septembre, Israël avait déjà affirmé avoir mené des frappes en Syrie.
L’ambassade de France en Iran exhorte les ressortissants à «quitter le territoire iranien au plus vite». A travers un communiqué publié aujourd’hui sur son site internet, l’ambassade de France en Iran appelle les Français de passage dans le pays à «quitter le territoire iranien au plus vite dès que l’espace aérien sera ouvert». «Il est rappelé qu’il reste recommandé aux Français non-résidents de s’abstenir impérativement de venir en Iran», rappelle également l’ambassade. Concernant les «Français résidant en Iran» et «qui en ont la possibilité», l’ambassade encourage aussi «à quitter temporairement le pays». En parallèle, l’UE recommande de son côté aux compagnies d’éviter l’espace aérien iranien.
Le Hezbollah annonce avoir détruit trois chars israéliens avançant vers un village frontalier. Dans un communiqué, le mouvement pro-iranien a annoncé que «ses combattants avaient détruit trois chars de type Merkava à l’aide de missiles guidés alors qu’ils avançaient vers la localité de Maroun el-Ras». Le Hezbollah avait affirmé plus tôt combattre des soldats israéliens qui s’étaient «infiltrés» à Maroun al-Ras, un village frontalier dans le sud du Liban.
Pendant ce temps, à Gaza. Alors que tous les regards sont tournés vers le Liban et l’Iran, le massacre se poursuit dans la bande de Gaza, où l’armée israélienne a mené ces dernières heures une série de raids aériens et d’opérations au sol. La plus meurtrière, à l’est de la ville de Khan Younès, dans le sud de l’enclave palestinienne, a fait au moins 53 morts et 82 blessés, selon des sources médicales et le ministère de la Santé du Hamas. Dans la ville de Gaza, au moins 22 Palestiniens ont été tués dans des frappes ayant visé une école et un orphelinat abritant des déplacés, selon l’agence Reuters. Ces derniers jours, l’armée israélienne a annoncé à plusieurs reprises avoir visé des écoles, utilisées selon elle par des membres du Hamas. Mercredi, un raid aérien a ainsi visé une ancienne école dans la région de Nuseirat. «La France condamne fermement les nouvelles frappes israéliennes qui ont visé une école et un orphelinat au nord de Gaza ainsi qu’une habitation à Khan Younès», a indiqué mercredi après-midi le ministère des Affaires étrangères.
Tsahal annonce la mort de sept autres soldats dans les combats, portant le bilan à huit. Quelques heures après l’annonce par l’armée israélienne du premier soldat de Tsahal tué depuis le début de l’offensive terrestre lundi au Liban, le bilan s’alourdit. Dans un communiqué, l’armée israélienne vient d’annoncer que sept autres de ses soldats ont été tués au combat dans le sud du Liban, portant le total à huit. Au moins sept autres ont été grièvement blessés, a indiqué l’armée, sans fournir d’autres détails.
Pour Antonio Guterres, «le cycle écœurant» des violences au Moyen-Orient «doit cesser». A la mi-journée, le ministre des affaires étrangères israélien annonçait qu’il interdisait à Antonio Guterres d’entrer en Israël, le secrétaire général des Nations Unies étant à présent considéré comme «persona non grata». Quelques heures après cette annonce, Guterres, refusant de toutefois de commenter cette sortie, a pris la parole à l’ouverture d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU sur la situation au Proche-Orient, qui se tient à New York. «Le cycle écœurant» de la violence «doit cesser», a-t-il déclaré. Et d’ajouter : «Le temps presse.»
L’armée israélienne assure que les missiles tirés par l’Iran mardi sont tombés sur des bases aériennes sans faire de dégâts. Au lendemain des frappes de Téhéran sur le sol israélien, l’armée israélienne a indiqué mercredi que ces missiles étaient tombés sur «des bases de l’armée de l’air israélienne», mais «qu’aucune infrastructure […] n’a [vait] été endommagée». L’armée a également ajouté que l’attaque n’avait pas de fait de blessé ni endommagé d’avions.
Jean-Noël Barrot insiste sur la «nécessité que les frappes cessent de part et d’autre». Après avoir rencontré son homologue israélien Israël Katz, le ministre des Affaires étrangères français a rappelé sur le réseau social X la position de la France sur les affrontements en cours au Proche-Orient. «La France condamne l’attaque portée par l’Iran contre Israël. Nous réitérons notre attachement à la sécurité d’Israël et condamnons également fermement l’attaque terroriste visant des civils à Jaffa. Les civils doivent toujours être protégés», écrit-il. Et le locataire du Quai d’Orsay de poursuivre sur les différents engagements qu’il porte : «attachement à la sécurité du pays et de tous les civils», «nécessité que les frappes cessent de part et d’autre», ou encore «priorité à la solution diplomatique, dont la proposition de cessez-le-feu française».
La France condamne l’attaque portée par l’Iran contre Israël.
— Jean-Noël Barrot (@jnbarrot) October 2, 2024
Nous réitérons notre attachement à la sécurité d’Israël et condamnons également fermement l’attaque terroriste visant des civils à Jaffa. Les civils doivent toujours être protégés.
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L’Allemagne et la Suisse appellent ses ressortissants à quitter l’Iran. «Il est demandé aux ressortissants allemands de quitter l’Iran», a indiqué ce mercredi le ministère des Affaires étrangères allemand dans une actualisation de ses consignes. Cette décision fait suite à l’attaque d’envergure de Téhéran sur le territoire israélien et les menaces en retour d’Israël. L’Allemagne appelle également à renoncer à des voyages dans ce pays. Même message en Suisse de la part du Département fédéral des affaires étrangères : «Le DFAE recommande aux personnes de nationalité suisse de quitter le pays par leurs propres moyens, si cela semble possible et sûr.» «Les voyages à destination de l’Iran sont déconseillés», ajoute la diplomatie helvétique.



