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Manifestations en Iran : frappes aériennes ou voie diplomatique, Trump garde «toutes les options sur la table»

Après un week-end de manifestations et de répression, une mobilisation favorable au pouvoir s’est déroulée lundi 12 janvier à Téhéran. Au même moment, les autorités de la République islamique ont déclaré se préparer «à la guerre».

Cette capture d'écran vidéo, issue d'images UGC du 12 janvier 2026 et initialement diffusée en ligne le 10 janvier 2026, puis vérifiée par les équipes d'AFPTV à Paris le 11 janvier 2026, montre la cour du Centre médico-légal de la province de Téhéran, dans le quartier de Kahrizak. (UGC images/AFP)
Publié le 12/01/2026 à 8h36, mis à jour le 12/01/2026 à 21h54

En résumé :

  • Le mouvement de contestation contre le régime iranien apparu le 28 décembre s’est poursuivi lundi 12 janvier. Mais des contre-manifestations en soutien au gouvernement iranien ont également été organisées dans plusieurs villes du pays, notamment à Téhéran.
  • Dénonçant un «massacre», l’ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège, a déclaré avoir confirmé la mort d’au moins 648 manifestants, mais averti que le nombre réel de victimes pourrait être beaucoup plus élevé.
  • Le ministre des affaires étrangères iranien a promis que la connexion Internet serait bientôt rétablie, alors que le «black-out national» quasi total dure depuis jeudi.
  • Donald Trump a indiqué lundi «garder toutes les options sur la table», entre frappes aériennes et voie diplomatique. Il a affirmé dimanche que l’Iran voulait «négocier» et qu’une réunion était en préparation avec les dirigeants de la République islamique. De son côté, l’Iran dit «ne pas chercher la guerre», tout en y étant «totalement préparé», mais être également «prêt à négocier».
  • Retrouvez notre direct de dimanche ici.
Le 12/01 à 21H48

Frappes aériennes ou voie diplomatique : Trump garde «toutes les options sur la table»

Donald Trump envisage des frappes aériennes en Iran pour mettre fin à la répression des manifestations qui secouent la République islamique depuis le 28 décembre, a affirmé la Maison Blanche. «Une chose dans laquelle le président Trump excelle est de garder toutes les options sur la table. Et les frappes aériennes sont l’une des très nombreuses options qui s’offrent au commandant en chef», a affirmé à la presse la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt. Elle ajoute toutefois qu’une voie diplomatique restait ouverte : «la diplomatie [est] toujours la première option pour le président». Et de continuer : «Ce que vous entendez de la part du régime iranien est très différent des messages que l’administration [américaine] reçoit en privé, et je pense que le président veut examiner ces messages».

Le 12/01 à 20H37

Le personnel diplomatique non essentiel français a quitté l'Iran

Le personnel diplomatique non essentiel de l’ambassade de France à Téhéran a quitté l’Iran en raison des troubles agitant le pays, indique l’AFP ce lundi soir en citant deux sources. Ces employés ont quitté le territoire en deux vagues, dimanche et lundi, ont indiqué ces sources, sans préciser leur nombre exact. En fonctionnement normal, l’ambassade de France à Téhéran comprend une trentaine d’expatriés, auxquels s’ajoutent quelques dizaines d’employés en statut local.

Le 12/01 à 19H54

Les manifestations en soutien au régime : «un avertissement aux politiciens américains», selon l'ayatollah Khamenei

Le Guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a qualifié ce lundi soit d’«avertissement» aux Etats-Unis la forte mobilisation des soutiens au pouvoir, massivement descendus dans la rue en réponse à la vague de contestation qui secoue le pays depuis plus de deux semaines.

«C’était un avertissement aux politiciens américains pour qu’ils cessent leurs manœuvres trompeuses», a-t-il déclaré selon la télévision d’Etat, alors que le président Donald Trump a menacé à plusieurs reprises d’intervenir militairement.

«Ces rassemblements massifs, empreints de détermination, ont fait échouer le plan des ennemis étrangers qui devait être mis à exécution par des mercenaires iraniens», a ajouté Ali Khamenei.

Le 12/01 à 19H02

Londres condamne l'«horrible» répression en Iran

La ministre britannique des Affaires étrangères Yvette Cooper a condamné dans un message sur X la répression «horrible» des manifestants en Iran. Elle a ajouté s’être entretenue avec son homologue iranien Abbas Araghchi, l’enjoignant à «cesser immédiatement les violences, respecter les droits et libertés fondamentaux et garantir la sécurité des ressortissants britanniques».

Le 12/01 à 17H59

Macron condamne la «violence d'Etat» qui «frappe aveuglément» les manifestants

Le président français Emmanuel Macron s’est dit ce lundi sur X «aux côtés» des défenseurs des «libertés fondamentales». «Je condamne la violence d’État qui frappe aveuglément les Iraniennes et les Iraniens qui réclament avec courage le respect de leurs droits, a-t-il écrit sur le réseau social. Le respect des libertés fondamentales est une exigence universelle et nous sommes aux côtés de celles et ceux qui les défendent.»

Le 12/01 à 17H33

Au moins 648 manifestants tués depuis le début de la contestation selon l'ONG Iran Human Rights

Au moins 648 manifestants ont été tués en Iran depuis le 28 décembre, début du mouvement de contestation contre le pouvoir, a annoncé ce lundi l’ONG Iran Human Rights, basée en Norvège. Parmi les personnes tuées figurent neuf mineurs, précise l’organisation, faisant également état de milliers de blessés. Certaines estimations, que l’ONG n’a pas pu vérifier, évoquent un bilan nettement plus élevé, allant jusqu’à plus de 6 000 morts, ajoute-t-elle.

Le 12/01 à 16H31

Les diplomates allemand, britannique, italien et français convoqués par Téhéran

Des ambassadeurs ou chargés d’affaires d’Allemagne, de France, d’Italie, de Grande-Bretagne, en poste à Téhéran, ont été convoqués ce lundi par les autorités iraniennes qui déplorent le soutien exprimé par ces pays aux manifestants iraniens, selon un communiqué du ministère iranien des Affaires étrangères repris par la télévision d’Etat. Une information confirmée à l’AFP par le ministère français des Affaires étrangères.

Le 12/01 à 16H18

Le Parlement européen interdit l'entrée de responsables iraniens dans ses locaux

Les diplomates ou officiels iraniens sont désormais interdits d’accès au Parlement européen, a annoncé sa présidente Roberta Metsola. «Alors que le peuple courageux d’Iran continue de se battre pour ses droits et sa liberté, j’ai décidé aujourd’hui d’interdire à tout le personnel diplomatique et à tout autre représentant de la République islamique d’Iran l’accès à l’ensemble des locaux du Parlement européen», a-t-elle déclaré sur X.

Le 12/01 à 14H06

Le président du Parlement iranien promet «une leçon inoubliable» à Donald Trump

Le président du Parlement iranien au milieu de la foule. L’Iran mène «une guerre sur quatre fronts», a déclaré Mohammad Bagher Ghalibaf, en citant une guerre économique, psychologique, «une guerre militaire» contre les Etats-Unis et Israël, et «à présent une guerre contre des terroristes.»

«La grande nation iranienne n’a jamais permis à ses ennemis d’atteindre ses objectifs», a-t-il dit, sous des banderoles portant les mots «Mort à Israël, Mort à l’Amérique», en persan, et promettant que l’armée iranienne infligerait à Donald Trump «une leçon inoubliable» en cas d’attaque américaine.

Le 12/01 à 13H00

Des milliers de manifestants à Téhéran en soutien au pouvoir iranien

Selon des images diffusées par la télévision d’Etat, des milliers d’Iraniens ont envahi la place Enghelab, ou place de la Révolution, au centre de la capitale, pour marquer leur soutien à la République islamique et rendre hommage aux membres des forces de sécurité morts durant des manifestations contre le pouvoir. Ces images montrent des manifestants brandissant le drapeau de la République islamique ainsi que des prières récitées pour les victimes de ce que le gouvernement a qualifié «d’émeutes».

Le 12/01 à 11H34

«Les gens ne veulent plus des concessions, ils veulent que ça s’arrête», déclare la militante irano-américaine Masih Alinejad

Par Hamdam Mostafavi

«Ces protestations sont différentes des autres. Après le mouvement Femme, Vie, Liberté, quelque chose d’irréversible s’est produit», confie à Libération Masih Alinejad, militante des droits de la femme exilée aux Etats-Unis, qui a reçu hier des vidéos de manifestants via le satellite Starlink. Elle assure que les Iraniens sont toujours dans la rue, malgré une intense répression.

La militante avait notamment lancé le mouvement «mon instant de liberté», appelant les femmes en Iran à se dévoiler et à se filmer. Sa page lancée sur Facebook dès 2018 était apparue comme précurseur du mouvement de 2022. «La colère qui a été écrasée en 2022 a ressurgi, plus forte et plus étendue. Cette fois-ci, les protestations ne sont plus symboliques, elles sont menées par des personnes qui n’ont plus rien à perdre. Des travailleurs, des commerçants, des femmes, des jeunes qui sont tous frappés par la faillite économique et des années d’humiliation. Le mouvement Femme, Vie, Liberté a brisé l’autorité morale de la République islamique. C’est une société qui ne pense plus que le système peut être réformé. Les gens ne veulent plus des concessions, ils veulent que ça s’arrête.»

Le 12/01 à 10H40

La diplomatie iranienne dit que les canaux de communication avec un émissaire américain sont «ouverts»

Les voies de communication entre Téhéran et Washington restent ouvertes, notamment par l’intermédiaire du ministre des Affaires étrangères iranien Abbas Araghchi et l’envoyé spécial des Etats-Unis au Moyen-Orient Steve Witkoff, a indiqué ce lundi le porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien. Des messages sont échangés chaque fois que nécessaire, a-t-il également assuré, tout en ajoutant que les intérêts américains en Iran étaient représentés par l’ambassade de Suisse, en l’absence de relations diplomatiques entre Washington et Téhéran. Les liens entre les deux pays ont en effet été rompus en 1980.

Le 12/01 à 10H19

Récit

Le 12/01 à 09H58

L'Iran «est tout à fait préparé pour la guerre» mais aussi «prêt à négocier», affirme le chef de la diplomatie

«La République islamique d’Iran ne cherche pas la guerre mais est totalement préparée à la guerre», a averti ce lundi le ministre des affaires étrangères iranien lors d’un discours face aux ambassadeurs étrangers à Téhéran, après des menaces de Donald Trump d’intervenir militairement pour secourir les manifestants. «Nous sommes également prêts à négocier, mais ces négociations doivent être équitables, fondées sur l’égalité des droits et le respect mutuel», a ajouté Abbas Araghtchi.

Le 12/01 à 09H50

La Chine appelle à la «paix» et s'oppose aux «ingérences» étrangères

La Chine a appelé ce lundi toutes les parties à la contestation en cours en Iran à œuvrer au retour au calme, tout en déclarant s’opposer fermement «aux ingérences dans les affaires intérieures des autres pays». Une allusion directe à une possible intervention militaire américaine à Téhéran, alors que Donald Trump a évoqué dimanche des «options très fortes» étudiées par son armée en Iran. «La Chine espère que le gouvernement et le peuple iraniens pourront surmonter les difficultés actuelles et maintenir la stabilité du pays», a également déclaré une porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Mao Ning.

Le 12/01 à 09H34

Le Guide suprême iranien répond aux menaces de Donald Trump

Dans un message écrit en persan publié sur le réseau social X, Ali Khamenei s’en prend directement au président américain, représenté dans un sarcophage éclatant en morceaux. «Cette figure paternelle qui siège là avec arrogance et fierté, jugeant le monde entier, devrait elle aussi savoir que généralement, les tyrans et les oppresseurs de ce monde, tels que Pharaon, Nimrod, Reza Khan, Mohammad Reza et leurs semblables, ont été renversés alors qu’ils étaient au sommet de leur orgueil.» Et de conclure : «Celui-ci sera lui aussi renversé.»

Le 12/01 à 09H19

En images

Le 12/01 à 09H13

«La situation est désormais totalement sous contrôle», assure le ministre des Affaires étrangères iranien

Dans un entretien à la chaîne de télévision qatarie Al Jazeera, le ministre des affaires étrangères iranien a accusé Donald Trump d’instrumentaliser les manifestations en cours dans le pays, qui ont «dégénéré en violences et en bain de sang», dans le but de «donner un prétexte» à une possible intervention américaine. Et tout en concédant que la violence avait connu une recrudescence au cours du week-end, Abbas Araghchi a assuré à des diplomates étrangers réunis à Téhéran que «la situation est désormais totalement sous contrôle». Toujours selon la même source, le ministre a assuré que l’accès à Internet serait bientôt rétabli en Iran, ajoutant que le gouvernement se coordonnait avec les services de sécurité pour y parvenir.

Le 12/01 à 08H55

Merz condamne la violence de Téhéran contre le peuple, un «signe de faiblesse»

«J’appelle les dirigeants iraniens à protéger leur population au lieu de la menacer […] Cette violence n’est pas un signe de force mais un signe de faiblesse. Elle doit cesser immédiatement», a dénoncé le chancelier allemand ce lundi, lors d’une conférence de presse organisée lors de son déplacement dans le nord de l’Inde. Friedrich Merz a également affirmé «condamner fermement» la répression à l’encontre des manifestants.

Le 12/01 à 08H46

L’ONG Iran Human Rights (IHR) dit avoir confirmé la mort de 192 manifestants

L’organisation Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège, a déclaré dimanche avoir confirmé la mort d’au moins 192 manifestants dont 9 mineurs, mais averti que le nombre réel de victimes pourrait être beaucoup plus lourd, dénonçant un «massacre» et un «crime […] majeur contre le peuple iranien». «Des informations non vérifiées indiquent qu’au moins plusieurs centaines, voire plus de 2 000 personnes selon certaines sources, auraient été tuées», ajoute la même source.

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