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Répression en Iran : Téhéran aurait renoncé à 800 exécutions, selon Washington

Le Conseil de sécurité des Nations unies doit se réunir ce jeudi pour «un briefing sur la situation en Iran», alors que Donald Trump n’a pas encore précisé les mesures qu’il comptait prendre à l’encontre de la République islamique.

Manifestation de soutien aux manifestants iraniens à Sydney, en Australie, le 14 janvier. (Richard Milnes/Shutterstock. Sipa)
Publié le 15/01/2026 à 7h46, mis à jour le 15/01/2026 à 21h59

En résumé :

  • Après plusieurs heures de rumeurs mercredi soir, les Etats-Unis n’ont finalement pas ordonné de frappes sur l’Iran, Donald Trump affirmant que les «tueries [dans le pays] ont pris fin». Le président américain a tout de même a entretenu le flou sur une éventuelle intervention militaire, indiquant que Washington suivrait de près la situation.
  • Dans une interview à la chaîne américaine Fox News, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré mercredi soir qu’il n’y aurait «pas de pendaison aujourd’hui ou demain» en Iran.
  • Le Conseil de sécurité des Nations unies doit se réunir ce jeudi pour «un briefing sur la situation en Iran», a annoncé un porte-parole de la présidence somalienne. Cette réunion a lieu à la demande des Etats-Unis, a précisé ce porte-parole.
  • Retrouvez notre live de mercredi ici sur l’un des plus vastes mouvements de contestation depuis la proclamation de la République islamique en 1979.
Le 15/01 à 21H59

En kiosque

Libération publie l’article d’un journaliste iranien qui a réussi à transmettre, malgré la coupure d’Internet, le récit de la violente répression des manifestations en cours contre le régime. Notre édition de ce vendredi est à retrouver demain en kiosque, ou sur notre liseuse.

Le 15/01 à 21H56

Edito

Par Hamdam Mostafavi
Le 15/01 à 21H20

La Suisse convoque l'ambassadeur d'Iran

La Suisse a convoqué ce jeudi l’ambassadeur d’Iran pour lui faire part de sa «grande inquiétude» face à la répression des manifestations qui secouent le pays. «La Suisse suit avec une grande inquiétude la situation en Iran et appelle les autorités iraniennes à mettre fin à la violence contre les manifestants et à garantir les droits humains et les libertés fondamentales de tous les protestataires», a déclaré le ministère suisse des Affaires étrangères. Monika Schmutz Kirgoz, directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord du ministère, a déclaré à la chaîne de télévision publique RTS qu’elle avait rappelé à l’ambassadeur iranien que la Suisse «est fermement et fortement contre toute peine de mort».

Le 15/01 à 19H53

La Maison Blanche assure que l'Iran a suspendu 800 exécutions

La porte-parole de la Maison Blanche a assuré jeudi que l’Iran avait renoncé à 800 exécutions de manifestants initialement prévues mercredi et affirmé que «toutes les options» restaient sur la table côté américain. Karoline Leavitt a ajouté que Donald Trump avait averti Téhéran de «sérieuses conséquences» si la répression des manifestations continuait.

Elle a aussi confirmé que le président américain avait eu une conversation avec le Premier ministre israélien, Benjamin Nétanyahou, qui, selon le New York Times, lui a demandé de ne pas intervenir militairement en Iran.

Le 15/01 à 19H31

La télévision d'Etat diffuse des interrogatoires de manifestants

Le chef du pouvoir judiciaire iranien, Gholamhossein Mohseni Ejeï, a mené lui-même, et devant les caméras de la télévision d’Etat, l’interrogatoire de manifestants arrêtés, faisant craindre aux défenseurs des droits humains des «aveux forcés» mis en scène pour instiller la peur dans le pays. Ces derniers jours, la télévision d’Etat a diffusé selon les ONG des dizaines de vidéos d’interrogatoires d’«émeutiers», menés par le chef du pouvoir judiciaire en personne. Tous semblent reconnaître sans opposition les faits reprochés.

La télévision d’Etat «a commencé à diffuser des aveux forcés de manifestants quelques jours après le début de la contestation», le 28 décembre, affirme Iran Human Rights (IRH), basée en Norvège. «La diffusion d’aveux obtenus sous la contrainte et la torture, avant toute procédure judiciaire, est contraire à la présomption d’innocence», rappelle l’ONG.

Le 15/01 à 18H40

Sept jours sans Internet

La coupure d’Internet imposée en Iran dure maintenant depuis une semaine, a annoncé jeudi l’ONG de surveillance de la cybersécurité Netblocks. «Il y a exactement une semaine, l’Iran a sombré dans l’obscurité numérique quand ses autorités ont bloqué Internet dans tout le pays», a écrit l’ONG sur ses réseaux sociaux. Selon les groupes de défense de droits humains, la coupure d’internet vise à cacher l’ampleur réelle de la répression.

Le 15/01 à 18H18

L'UE envisage de nouvelles sanctions contre l'Iran, déclare Ursula Von der Leyen

La présidente de la Commission européenne a déclaré que l’UE envisageait de nouvelles sanctions contre l’Iran, rapporte le Guardian. S’exprimant depuis Chypre, Ursula Von der Leyen a estimé que «ce qui se passe en Iran est abominable et le meurtre de ces jeunes est une tragédie humaine». Avant d’ajouter «nous envisageons d’alourdir les sanctions contre l’Iran», qualifiant ces dernières d’«efficaces».

L’UE a déjà imposé des sanctions importantes à l’Iran, notamment des mesures restrictives visant des responsables gouvernementaux iraniens, des policiers, des juges et plus de 40 organisations étatiques, dont la police des mœurs et les prisons, précise le quotidien britannique. Les sanctions de l’UE sont proposées par la Commission européenne, mais doivent être approuvées à l’unanimité par les 27 États membres de l’UE.

Le 15/01 à 17H48

Le secrétaire général de l'ONU se dit «profondément préoccupé par la répression violente en Iran»

Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a réitéré devant l’Assemblée générale ce jeudi être «profondément préoccupé par la répression violente en Iran», quelques heures avant la réunion d’urgence du Conseil de sécurité à propos de la situation dans le pays, à la demande des Etats-Unis. Dans son discours, António Guterres a fustigé les pays qui «cherchent à sonner le glas de la coopération internationale», sans toutefois les nommer, dans un contexte de «violations flagrantes du droit international».

Le 15/01 à 16H49

Washington sanctionne des Iraniens accusés d'orchestrer la répression des manifestants

Le gouvernement américain a annoncé ce jeudi des sanctions économiques à l’encontre de plusieurs responsables sécuritaires iraniens, accusés de coordonner la répression des manifestations dans le pays. Selon un communiqué du ministère américain des Finances, les principales cibles de ces accusations sont le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale de l’Iran, Ali Larijani, et des responsables régionaux.

«Les Etats-Unis se tiennent fermement aux côtés du peuple iranien dans son appel à la liberté et à la justice», a déclaré le secrétaire au Trésor Scott Bessent, ajoutant que «le Trésor utilisera tous les outils à sa disposition pour cibler les responsables de l’oppression tyrannique des droits humains par le régime

Le 15/01 à 16H33

Le Canada accuse le régime iranien d'avoir tué un de ses ressortissants

Un citoyen canadien a été tué en Iran «aux mains des autorités», a déclaré ce jeudi la ministre des Affaires étrangères canadienne Anita Anand dans un message publié sur les réseaux sociaux, sans donner de détails sur les circonstances ni la date du décès. «Les manifestations pacifiques du peuple iranien, qui demande que sa voix soit entendue face à la répression du régime iranien et aux violations continues des droits humains, ont conduit le régime à faire preuve d’un mépris flagrant pour la vie humaine», a-t-elle déclaré.

Le 15/01 à 15H59

Les cours du pétrole plongent après les déclarations rassurantes de Donald Trump sur l'Iran

Les cours du pétrole accélèrent leur chute ce jeudi, le marché ayant revu à la baisse l’éventualité d’une action militaire américaine en Iran après une déclaration de Donald Trump affirmant que «les tueries ont pris fin» sur place. Vers 15 h 45, heure de Paris, le baril du brut américain West Texas Intermediate, pour livraison en février, perdait 4,58 % à 59,18 dollars, après être brièvement tombé sous les 5 %. Le baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en mars, perdait 4,37 % à 63,61 dollars.

Le 15/01 à 15H51

Le gouvernement iranien tente de résoudre les problèmes économiques du pays, selon Reuters

Le président iranien Masoud Pezeshkian a déclaré ce jeudi que le gouvernement s’efforçait de résoudre certains des problèmes économiques qui ont déclenché les manifestations, d’après l’agence de presse britannique Reuters. Il a également affirmé qu’il comptait s’attaquer aux questions de corruption et de taux de change, ce qui améliorerait le pouvoir d’achat des plus démunis.

Le 15/01 à 14H21

Un employé du Croissant-Rouge tué et cinq autres blessés, selon un communiqué

La Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge a annoncé ce jeudi qu’un employé du Croissant-Rouge iranien avait été «tué» et que cinq autres avaient été blessés dans l’exercice de leurs fonctions dans la province iranienne de Gilan, le 10 janvier. Dans un communiqué, la FICR se dit ainsi «profondément attristée par le meurtre d’Amir Ali Latifi» et par «les blessures infligées» aux cinq autres employés du Croissant-Rouge iranien, sans donner de précision sur les circonstances. «Nous ne savons pas s’il s’agit du même incident. Nous n’avons pas une vue d’ensemble de ce qui s’est exactement passé», a indiqué à l’AFP le porte-parole de la FICR à Genève, Tommaso Della Longa.

Le 15/01 à 14H10

Le G7 menace l'Iran de nouvelles sanctions

Le G7 a dénoncé ce jeudi une escalade de la répression en Iran et avertit qu’il pourrait durcir sa réponse si les autorités continuent de s’en prendre aux manifestants, au mépris des engagements internationaux de Téhéran en matière de droits humains. Dans une déclaration commune mise en ligne sur le site de l’Union européenne, les ministres des Affaires étrangères du Canada, de la France, de l’Allemagne, de l’Italie, du Japon, du Royaume-Uni et des États-Unis, accompagnés du responsable de la politique étrangère de l’UE, se disent «gravement préoccupés» par l’évolution de la situation autour des manifestations. Ils affirment s’opposer clairement au renforcement de la répression qu’ils qualifient de brutale contre la population. Le texte souligne également l’inquiétude suscitée par le bilan humain rapporté : le G7 dit être «profondément alarmé» par le nombre important de morts et de blessés. Il condamne enfin ce qu’il décrit comme un recours délibéré à la violence de la part des forces de sécurité iraniennes à l’encontre des manifestants.

Le 15/01 à 13H50

Les monarchies du Golfe ont demandé à Trump de «donner à l'Iran une chance de montrer ses bonnes intentions»

L’Arabie saoudite, Oman et le Qatar ont œuvré pour dissuader le président américain d’attaquer l’Iran et mis en garde contre «de graves répercussions pour la région», a déclaré jeudi à l’AFP un haut responsable saoudien. Les trois pays du Golfe «ont mené des efforts diplomatiques intenses de dernière minute pour convaincre le président Trump de donner à l’Iran une chance de montrer ses bonnes intentions», a déclaré ce responsable sous couvert d’anonymat. Entre autres, les trois pays du Golfe ont averti la Maison Blanche qu’une attaque en Iran ébranlerait les marchés pétroliers, écrit le New York Times. Ils craignent notamment que des frappes contre l’Iran ne perturbent le trafic dans le détroit d’Ormuz, la voie navigable à l’embouchure du golfe Persique par laquelle passe environ un cinquième des livraisons mondiales de pétrole.

Le 15/01 à 13H28

Lors de ses voeux aux armées, Emmanuel Macron a appellé à la «cessation des attaques» en Iran

«Face à la révolution en cours en Iran, face aux attaques odieuses contre ses propres citoyens décidées par le régime, la France a appelé à la cessation de ces attaques terrestres, au respect de la population civile, mais aussi à ne pas [encourager une escalade] dans la région», a annoncé Emmanuel Macron lors de ses vœux aux armées, à Istres.

Le 15/01 à 12H45

La Chine appelle au dialogue lors d'un entretien téléphonique avec le ministre iranien des Affaires étrangères

Le ministre chinois des Affaires étrangères a appelé au dialogue et à la retenue dans le règlement des différends lors d’un entretien téléphonique avec son homologue iranien ce jeudi, selon un communiqué publié par l’agence de presse officielle chinoise Xinhua. Wang Yi a déclaré au ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, que la Chine s’opposait à l’utilisation ou à la menace de la force dans les relations internationales. Il a déclaré que Pékin était convaincu que le gouvernement et le peuple iraniens pouvaient surmonter les difficultés et préserver la stabilité nationale, ajoutant que la Chine était prête à jouer un rôle constructif.

Le 15/01 à 12H40

En images

Le 15/01 à 12H24

Le Portugal ferme son ambassade en Iran

Le gouvernement portugais a annoncé ce jeudi la fermeture «temporaire» de son ambassade à Téhéran en raison du «contexte de tension» en Iran, et déconseillé ses ressortissants de se rendre dans le pays. La fermeture de l’ambassade a été décidée mercredi, a précisé le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué. Le Portugal avait convoqué mardi 13 janvier l’ambassadeur d’Iran à Lisbonne afin de condamner la répression violente des manifestations contre le régime iranien et d’appeler au respect des droits des citoyens iraniens. Le Portugal s’était dit en outre disposé, dans le cadre d’une concertation européenne, à «renforcer les sanctions contre l’Iran», avait indiqué le chef de la diplomatie portugaise, Paulo Rangel, dans un message publié sur X.

Le 15/01 à 12H10

Le chef de la diplomatie iranienne a affirmé que son pays «se défendra contre toute menace étrangère»

L’Iran se défendra «contre toute menace étrangère», a annoncé ce jeudi son ministre des Affaires étrangères à son homologue saoudien, tandis que Washington n’écarte pas l’option militaire en réponse à la répression des manifestations par Téhéran. Le ministre iranien, Abbas Araghchi, a souligné lors d’un entretien téléphonique avec le chef de la diplomatie saoudienne, le prince Fayçal ben Farhane, «l’importance d’une condamnation internationale de toute ingérence étrangère dans les affaires intérieures des pays de la région», selon un communiqué publié sur Telegram. L’agence officielle saoudienne SPA a confirmé cet appel, indiquant que les deux responsables avaient discuté «des moyens de renforcer» la sécurité de la région.

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