En résumé
- L’Iran dément avoir reçu un ultimatum de la part des Etats-Unis. L’éventualité d’un règlement de la crise fait chuter les cours du pétrole.
- Ce week-end, les déclarations des Etats-Unis et de l’Iran ont alterné entre proclamations martiales évoquant une attaque américaine ou une «guerre régionale» et propos plus rassurants sur la perspective d’un accord.
- Dans une rare prise de parole l’ayatollah Khamenei a fustigé dimanche les protestataires les accusant d’avoir voulu monter un «coup d’Etat». Parallèlement, Erfan Soltani, l’une des figures du mouvement a été libéré.
Américains et Iraniens pourraient se rencontrer à Istanbul
Ce vendredi, de hauts responsables américains et iraniens devraient se rencontrer à Istanbul, rapportent des sources au New York Times sous couvert d’anonymat. Steve Witkoff, envoyé spécial du président Trump pour le Moyen-Orient ainsi que son genre, Jared Kushner, échangeront avec le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi en présence de hauts responsables turcs, qataris et égyptiens, selon ces informations.
Londres sanctionne des responsables iraniens dont le ministre de l'Intérieur
Le gouvernement britannique a annoncé lundi imposer des sanctions contre dix responsables iraniens, dont le ministre de l’Intérieur, après la répression meurtrière des manifestations en Iran ces dernières semaines. Elles visent le ministre de l’Intérieur iranien Eskandar Momeni, ainsi que «des responsables de la police et des membres influents» des Gardiens de la Révolution islamique, «pour leur rôle dans les récentes violences contre les manifestants», a indiqué le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué. Londres sanctionne également la police iranienne, les Forces de l’ordre de la République islamique d’Iran (Faraja).
3 117 morts à la une
Le journal iranien Sazandegi publie en une ce lundi 2 février les noms de personnes tuées lors des manifestations des 8 et 9 janvier en Iran. Preuve que même dans le pays le massacre est ouvertement évoqué. Mais alors que les bilans atteindraient jusqu’à 30 000 morts selon plusieurs ONG, les autorités iraniennes se contentent de reconnaître environ 3 000 morts. Selon le discours officiel, la grande majorité des personnes tuées étaient «des forces de sécurité ou passants» tués par des «émeutiers». Ce quotidien proche du camp dit des réformateurs publie cette liste sans commentaire mais reprend un communiqué de la présidence iranienne évoquant les «incidents et les troubles» de début janvier.
La Jordanie au soutien de l'Iran
Le chef de la diplomatie jordanienne a assuré lundi son homologue iranien, Abbas Araghchi, qu’Amman n’autoriserait pas l’usage de son territoire pour une possible attaque contre l’Iran, a indiqué son ministère. «La Jordanie ne sera pas un champ de bataille dans un conflit régional ni une rampe de lancement pour une action militaire contre l’Iran», a-t-il prévenu. Il a aussi souligné la nécessité d’un règlement par «la diplomatie» du dossier nucléaire iranien. Les de la «guerre de 12 jours», en juin 2025, Lors de la guerre de 12 jours, les forces jordaniennes ont intercepté plus de 100 drones et missiles iraniens.
Reportage
Bientôt des pourparlers sur le nucléaire
Au lendemain d’avertissements sur le risque d’une «guerre régionale», l’Iran a appelé lundi à l’ouverture d’une négociation avec Washington sur le dossier nucléaire alors que Donald Trump s’était dit un peu plus tôt confiant sur un accord. Le président iranien Massoud Pezeshkian a «ordonné» l’ouverture de ces pourparlers : «L’Iran et les Etats-Unis tiendront des discussions sur la question du nucléaire», a affirmé l’agence de presse Fars, sans préciser de date. Cette information est reprise par le journal gouvernemental Iran et le quotidien réformiste Shargh.
Quatre étrangers arrêtés
Quatre personnes, dont la nationalité n’a pas été précisée, ont été arrêtées en Iran pour «participation aux émeutes», a indiqué lundi la télévision d’Etat. «Ces individus ont été interpellés lors d’un raid» dans la province de Téhéran, a souligné la chaîne sans préciser la date de ces arrestations. «Lors de la fouille du sac de l’un des suspects, quatre grenades assourdissantes artisanales, utilisées lors des émeutes et des troubles dans la zone, ont été découvertes».
Le coscénariste de Jafar Panahi arrêté
Mehdi Mahmoudian, le coscénariste du film Un simple accident, palme d’or à Cannes et nommé aux oscars, a été arrêté samedi à Téhéran. Son interpellation intervient quelques jours après qu’il a signé une déclaration condamnant le guide suprême de la République islamique, l’ayatollah Ali Khamenei, et les répressions violentes des manifestations par le régime. Jafar Panahi, également signataire de la déclaration, a publié un communiqué pour dénoncer cette arrestation. Le réalisateur, actuellement en tournée de promotion pour les oscars, a accordé récemment une interview à Libération dans laquelle il évoquait son retour en Iran : «Oui bien sûr, je veux rentrer, c’est mon pays. Si on n’est pas là-bas, ça veut dire qu’on a accepté de laisser le pays à ces personnes-là. Ce n’est pas nous qui devons partir, ce sont eux…». Lire l’interview complète du réalisateur.
L'interview rare de l'humoriste Kheiron sur l'Iran à «Libération»
L’humoriste Kheiron, dont les parents, activistes de gauche, avaient dû fuir l’Iran en 1984 s’est confié à Libération. Celui qui est également réalisateur intervient rarement sur l’Iran, l’ampleur des massacres l’a poussé à s’exprimer davantage. Il a donné une interview à Libération : «Cela fait des années que je reçois des vagues de harcèlement à chaque fois qu’il se passe quelque chose de médiatique en Iran, en tout cas quelque chose qui arrive jusqu’en France, et je ne m’exprime pas forcément à chaque fois. Il faut se rappeler que le régime auquel les Iraniens font face, c’est tous les jours, pas seulement lorsqu’on en entend parler.» Lire l’interview.
Dans une interview à «Libération», Jean-Noël Barrot, élève le ton contre Téhéran
«L’Iran doit cesser d’être une menace pour son environnement régional et pour nos intérêts de sécurité, et le peuple iranien doit retrouver sa liberté, intime le ministre français des Affaires étrangères. La répression et les violences d’Etat qui se sont abattues aveuglément sur les manifestants pacifiques constituent un crime de masse qui ne peut rester impuni.» Lire l’interview.
Les ambassadeurs européens à Téhéran convoqués
L’Iran a annoncé lundi avoir convoqué les ambassadeurs européens en poste à Téhéran après la décision de l’Union européenne (UE) de désigner les Gardiens de la Révolution comme «organisation terroriste». «Hier (dimanche) et aujourd’hui (lundi), les représentants de tous les Etats membres de l’UE ayant une ambassade à Téhéran ont été convoqués au ministère des Affaires étrangères», a déclaré le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï. «Il s’agit là d’une mesure minimale», avant l’annonce prochaine d’autres représailles, a-t-il ajouté. Dimanche, en représailles à la décision européenne, l’Iran avait déclaré «terroristes» les armées européennes.



