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Reportage

En Irak, explosion du sentiment antiaméricain et peur du lendemain

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Depuis l’attaque surprise du 7 octobre par le Hamas, les forces américaines présentes sur le sol irakien sont harcelées par des formations proches de Téhéran. Dans un pays toujours déchiré, beaucoup redoutent une escalade. Une réunion du Conseil de sécurité est prévue ce lundi.

Dans le centre de Bagdad, une affiche représente Joe Biden et Benyamin Nétanyahou. (Laurent Perpigna Iban/Hans Lucas pour Libération)
ParLaurent Perpigna Iban
envoyé spécial à Bagdad et Sadr City (Irak)
Publié le 03/02/2024 à 15h25, mis à jour le 04/02/2024 à 11h26

«Cela devait arriver. A force de jouer avec le feu, ces groupes sous les ordres iraniens nous exposent à une entrée de plain-pied dans un conflit régional. Nous n’avons pas besoin de ça.» Hussein, 45 ans, ne cache pas son courroux. Comme beaucoup d’habitants de Bagdad, ce commerçant «résolument attaché à la souveraineté du pays» craignait depuis des semaines un «dérapage». Une appréhension qui s’est concrétisée il y a quelques jours : pour la première fois depuis le 7 octobre, trois soldats américains étaient tués dans un tir de drone sur le sol jordanien, une opération revendiquée par la «Résistance islamique en Irak», une appellation parapluie regroupant une nébuleuse de milices chiites irakiennes loyales à Téhéran.

Une issue qui paraissait inévitable tant les formations qui s’en réclament ont multiplié les offensives contre les positions américaines dans le pays – au moins 150 frappes rien qu’en Irak depuis le début de la guerre entre Israël et le Hamas. Pendant une semaine, la confusion est restée absolue : tandis que l’Iran nie toute implication dans

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