Deux soldats et un civil américains ont été tués samedi dans la région désertique de Palmyre alors qu’ils étaient en mission, selon le Pentagone. L’assaillant a été abattu. L’auteur de l’attaque faisait partie des forces de sécurité syriennes, dont il devait être «radié» car soupçonné d’«idées islamistes extrémistes», selon le porte-parole du ministère syrien de l’Intérieur, Noureddine al-Baba. Les autorités devaient mettre à exécution cette décision ce dimanche, soit au lendemain de l’attentat. «Onze membres des forces de la Sécurité générale ont été arrêtés et déférés pour interrogatoire après l’attaque», a indiqué un responsable de sécurité syrien.
Reportage
Washington a affirmé samedi que les Américains avaient été tués à la suite d’une «embuscade par un tireur isolé» de l’organisation Etat islamique (EI), qui avait par le passé contrôlé la région de Palmyre avant d’être défait en Syrie. Trois autres soldats américains ont été blessés dans cet attentat, selon le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom). «Nous riposterons», a lancé samedi Donald Trump à la presse, affirmant que l’attaque avait été perpétrée par l’EI «dans une zone très dangereuse de Syrie, qui n’est pas totalement contrôlée» par le gouvernement syrien. Le contingent américain était dans la région désertique de Palmyre pour une «mission de soutien aux opérations en cours contre l’EI», a affirmé le porte-parole du Pentagone, Sean Parnell, précisant que le civil américain tué était un interprète.
«Avertissements préalables»
C’est la première fois qu’un tel attentat se produit en Syrie depuis la prise du pouvoir, il y a un an, d’une coalition islamiste qui a effectué un rapprochement avec les Etats-Unis. Le gouvernement syrien «condamne fermement l’attaque terroriste», a déclaré samedi le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad al-Chaibani. «Nous adressons nos condoléances aux familles des victimes, ainsi qu’au gouvernement et au peuple américains», a-t-il ajouté sur X. Plus tôt, le porte-parole du ministère de l’Intérieur avait affirmé que les forces de la coalition internationale, dirigées par Washington, n’avaient pas tenu compte des avertissements de Damas concernant un risque d’infiltration de l’EI.
Interview
Selon l’agence officielle syrienne Sana, «deux membres des forces de sécurité syriennes» ont été également blessés dans ces tirs ayant visé une «délégation commune». Un responsable militaire syrien qui a requis l’anonymat a indiqué que les tirs avaient éclaté alors que des officiers syriens et américains étaient réunis dans une permanence de la sécurité syrienne à Palmyre. Un témoin dans la ville, qui a également requis l’anonymat, a déclaré avoir entendu des coups de feu provenant de l’intérieur de la base. Sana a indiqué que des hélicoptères avaient évacué les blessés vers la base d’Al-Tanf, dans le sud du pays, où sont déployées des troupes américaines.
«Sans merci»
Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a qualifié l’auteur de l’attaque de «sauvage» et a lancé un avertissement : «Si vous ciblez des Américains, n’importe où dans le monde, vous passerez le reste de votre vie brève et stressante en sachant que les Etats-Unis vous chasseront, vous trouveront, et vous tueront sans merci.» L’identité des soldats tués ainsi que celles des unités auxquelles ils appartenaient ne seront pas révélées avant vingt-quatre heures, le temps d’informer leurs proches, a déclaré Sean Parnell.
Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), basé au Royaume-Uni mais qui dispose d’un vaste réseau de sources dans le pays, la visite de la délégation américaine à Palmyre «s’inscrit dans le cadre d’une stratégie des Etats-Unis visant à élargir leur présence en Syrie», et notamment dans les zones désertiques.
Interview
Le groupe jihadiste Etat islamique avait contrôlé la région de Palmyre avant d’être défait en Syrie par une coalition internationale en 2019. Malgré sa défaite, ses combattants repliés dans le vaste désert syrien continuent épisodiquement de mener des attaques. Lors de la visite du président intérimaire syrien, Ahmed al-Chara, à Washington le mois dernier, Damas avait rejoint la coalition internationale antijihadiste menée par les Etats-Unis. Les forces américaines en Syrie sont notamment déployées dans les zones sous contrôle kurde dans le Nord, ainsi que dans la base d’Al-Tanf, près de la frontière jordanienne.




