Au dernier étage d’un immeuble du quartier de Beyoglu, au cœur d’Istanbul près de la place Taksim, une foule compacte de clubbeurs, débardeurs de cuir noir et piercing, se trémousse sur une musique acid techno sous des jeux de lumière stroboscopiques.
Soudain, la DJ coupe le son et appelle la foule à s’écarter pour laisser place à un dragshow. S’ensuit une succession de performances des plus exubérantes. La drag-queen Anna Tholia, toute de rouge vêtue, cornes de diables et lentilles noires, interprète le morceau Antichrist Superstar du chanteur américain Marilyn Manson, s’attirant les acclamations unanimes de la foule.
Le Sahika, une boîte de nuit nichée dans une ruelle du quartier de la rue piétonne Istiklal, est un haut lieu de la scène queer de Turquie. Mais si l’atmosphère est exaltante en cette soirée de novembre, elle masque les menaces croissantes qui pèsent sur la communauté LGBT du pays.




