La Turquie a longtemps été un refuge sûr et prévenant pour les Ouïghours. La répression par les autorités chinoises de cette minorité musulmane du Xinjiang avait même été qualifiée de «génocide» en 2009 par le président turc Recep Tayyip Erdogan, alors Premier ministre. Et ce bien avant que le tribunal ouïghour, une instance indépendante chargée d’enquêter sur les crimes et les violations des droits humains, juge la Chine coupable de ce crime, «au-delà de tout doute raisonnable», en décembre 2021.
Ce climat s’est notablement dégradé depuis deux à trois ans. «Le traitement préférentiel dont bénéficiaient les Ouïghours en Turquie – qui leur permet d’obtenir le statut de résidents de longue durée et la citoyenneté – a connu plusieurs ratés et ceux-ci sont de plus en plus menacés, sous pression et sous surveillance accrue, explique à Libération le chercheur Yalkun Uluyol, qui signe pour l’ONG Human Rights Watch (HRW) le ra




