Les images du documentaire Dans Gaza, diffusé sur Arte mardi 2 décembre, sont parfois insoutenables, mais elles ont une double valeur. Elles montrent l’horreur subie par les civils palestiniens bombardés depuis deux ans sans répit, ou presque, par l’armée israélienne dans un territoire cadenassé dont personne ne peut sortir ; et aussi le travail quotidien d’une équipe de journalistes de l’AFP piégés dans cet enfer, seuls relais entre Gaza et le monde extérieur. C’est un document inestimable que l’on doit à quatre d’entre eux qui ont témoigné jour après jour, conscients qu’ils devaient laisser une trace de ce long moment d’inhumanité, et à la journaliste et scénariste Hélène Lam Trong qui l’a réalisé.
Bien sûr, l’horreur de l’attaque terroriste perpétrée par le Hamas en Israël n’est pas occultée. «Les Israéliens ont dit que les journalistes avaient été prévenus de cette attaque, mais c’est faux, dit Mohamed Abed, personne ne comprenait ce qu’il se passait.» Le chef du bureau de l’AFP, Adel Zaanoun, raconte comment il a ordonné à son équipe de ne surtout pas suivre les hommes qui traversaient la frontière. «Au début, on ne savait pas que c’était une attaque du Hamas, et on ne savait pas qu’il y avait des otages. Puis, on a vite compris que tout devenait hors de contrôle.»
C’est à eux seuls de témoigner
Un déluge de feu s’abat alors sur l’enclave, on voit des enfants, des femmes, des hommes couverts de sang et de cendres affluer dans des hôpitaux vite saturés, pleurant, hurlant.




