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Pluie

Face à une sécheresse record, l’Iran lance une opération d’ensemencement des nuages

Alors que les niveaux d’eau des réservoirs qui alimentent de nombreuses provinces ont atteint des niveaux historiquement bas, le pays a déclenché samedi 15 novembre une vaste opération visant à déclencher artificiellement des précipitations.

Le barrage d'Amir Kabir à Téhéran, en Iran, le 11 novembre 2025. (Majid Asgaripour/REUTERS)
Publié le 16/11/2025 à 16h42

La sécheresse est telle que le pays en vient à manipuler sa météo et à modifier chimiquement la composition de ses nuages. Samedi 15 novembre, les autorités iraniennes ont annoncé lancer des opérations dites «d’ensemencement des nuages». Le but : provoquer enfin des précipitations sur le territoire, alors que Téhéran est confronté cette année à sa pire sécheresse depuis des décennies. Dans la capitale, le faible niveau des pluies est «quasiment sans précédent depuis un siècle», avait affirmé en octobre un responsable local.

«Aujourd’hui, un vol d’ensemencement des nuages a été effectué dans le bassin du lac d’Ourmia pour la première fois de l’année hydrologique», qui commence en septembre, a ainsi déclaré samedi dans la soirée l’agence de presse officielle Irna. Ce lac, le plus grand d’Iran, situé au nord-ouest du pays, a largement rétréci en raison de la sécheresse.

L’ensemencement des nuages consiste à pulvériser des particules – notamment d’iodure d’argent – dans ces formations pour déclencher des précipitations. L’année dernière, l’Iran avait annoncé avoir développé sa propre technologie en la matière, alors que plus d’un quart des pays du monde, dont la France, utilise déjà ce procédé.

Après cette première opération, d’autres actions doivent prochainement être menées, notamment dans les provinces de l’Azerbaïdjan oriental et occidental.

«Automne le plus sec depuis cinquante ans»

En grande partie aride, le pays souffre depuis des années de sécheresses chroniques et de vagues de chaleur qui devraient s’aggraver avec le changement climatique.

L’Iran connaît actuellement son «automne le plus sec depuis cinquante ans», déplore l’agence de presse du pays. Selon le service météorologique national, cité par l’agence, les précipitations sont par ailleurs cette année inférieures de 89 % au taux moyen à long terme.

Selon les autorités locales, les précipitations dans la capitale n’ont jamais été aussi faibles depuis un siècle, et la moitié des provinces iraniennes n’ont pas vu une goutte de pluie depuis des mois. Les niveaux d’eau des réservoirs qui alimentent de nombreuses provinces ont atteint des niveaux historiquement bas.

Au début du mois, le Président, Masoud Pezeshkian, avait également averti que sans pluie avant l’hiver, Téhéran pourrait devoir être évacué. Le gouvernement avait ensuite rassuré, en précisant qu’il souhaitait ainsi alerter la population sur la gravité de la situation, et non annoncer un projet concret.

Samedi, l’Irna a toutefois fait état de l’arrivée de pluies sur plusieurs localités de l’ouest et du nord-ouest du pays. Les médias d’Etat ont également montré de premières chutes de neige sur le massif de l’Elbourz et la station de ski de Tochal, situés au nord de Téhéran.

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