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Récit

Frappes à Gaza : «Dans leur sommeil, les enfants gardent leurs mains sur les oreilles»

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Au moins 58 mineurs ont été tués depuis lundi dans les frappes contre l’enclave palestienne, qui viennent raviver la peur et des traumatismes chez des jeunes déjà plusieurs fois exposés aux conflits meurtriers depuis 2008.

Une petite fille secourue après des frappes israéliennes, le 16 mai à Gaza. (Mohammed Salem/REUTERS)
ParHala Kodmani
Frédéric Autran
Guillaume Gendron
Samuel Forey
correspondant à Jérusalem
Publié le 16/05/2021 à 20h25

Des corps enveloppés dans des linceuls blancs à l’arrière d’une camionnette. Des soignants en deuil de l’un des leurs, le docteur Abu al-Ouf, chef de service à l’hôpital Al-Shifa. Des cratères au milieu des rues, des immeubles éventrés. Et des petits corps poussiéreux, parfois en sang et hagards, souvent livides et désarticulés, sortis des gravats au milieu des cris et des larmes. Les images, dimanche, en provenance de Gaza, enclave palestinienne soumise au blocus et à la puissance de feu israélienne, ont accentué l’indignation internationale et la pression pour que cessent les affrontements entre Israël et le Hamas, qui entrent ce lundi dans leur deuxième semaine.

«Tout le monde hurlait, les enfants pleuraient»

Dans la nuit de samedi à dimanche, quelques heures après une nouvelle prise de parole martiale du Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, qui avait averti que les dirigeants du Hamas n’étaient «à l’abri» nulle part, «ni au-dessus de la terre ni en dessous», l’aviation de l’Etat hébreu a mené dans le quartier résidentiel d’Al-Wahda, dans la ville de Gaza, son raid le plus intense – et le plus meurtrier – de la semaine. Selon des témoins et les services de secours, trois immeubles résidentiels ont été rasés, et 42 personnes tuées dont au moins 10 enfants et 16 femmes, portant le nombre de victimes des frappes contre Gaza à 192 depuis lundi, dont 58 enfants. De leur côté, des

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