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Blocus de Gaza : deux organisations déposent une plainte pour «entrave à la liberté d’exercer le journalisme»

Le Syndicat national des journalistes et la Fédération internationale des journalistes évoquent des «crimes de guerre», pour lesquels le Parquet national antiterroriste à Paris peut enquêter dès lors qu’ils sont commis contre des Français.

Lors d'une action organisée par Reporters sans frontières en soutien aux journalistes travaillant dans la bande de Gaza et en hommage à ceux qui ont perdu la vie, au Trocadéro, à Paris, le 26 septembre 2024. (Thomas Samson/AFP)
Publié le 02/12/2025 à 9h14, mis à jour le 02/12/2025 à 10h23

La presse veut se faire entendre. Le Syndicat national des journalistes (SNJ) et la Fédération internationale des journalistes (FIJ) ont annoncé ce mardi 2 décembre porter plainte à Paris pour «entrave à la liberté d’exercer le journalisme». Cette procédure vise les autorités israéliennes pour avoir empêché les reporters français de couvrir la guerre à Gaza. Selon les organisations, il pourrait s’agir de «crimes de guerre», pour lesquels le Parquet national antiterroriste à Paris peut enquêter, dès lors qu’ils sont commis contre des Français.

«Cette plainte est la première déposée à ce jour sur le fondement du délit d’entrave à la liberté d’exercer le journalisme, et la première à inviter le ministère public à se prononcer sur l’application de cette incrimination dans un contexte international où les atteintes à la liberté de la presse sont devenues structurelles», soulignent les plaignants dans la centaine de pages de leur requête, rendue publique par France Info, qui souligne que la plainte est déposée contre X et non contre une autorité ou une personne en particulier.

«Cette plainte […] dénonce une entrave concertée, parfois violente, empêchant les journalistes français de travailler dans les Territoires palestiniens et portant atteinte à la liberté de la presse», précise Me Louise El Yafi, l’une des avocates l’ayant rédigée. Elle «souligne aussi l’insécurité croissante visant les journalistes français en Cisjordanie […]. Ces atteintes, en violation du droit international humanitaire, relèvent également de crimes de guerre», ajoute sa consœur, Me Inès Davau.

Deuxième procédure

Un journaliste français travaillant pour plusieurs rédactions francophones et qui tient à garder l’anonymat porte plainte lui aussi : il dénonce son «agression» par des colons lors d’un reportage dans les territoires occupés.

Reporters sans frontières (RSF) a décompté plus de 210 journalistes tués depuis le début de la guerre, tandis que les autorités israéliennes ont empêché les journalistes de médias étrangers d’entrer de manière indépendante à Gaza, autorisant seulement au cas par cas une poignée de reporters à accompagner leurs troupes.

En France, plusieurs plaintes ont été déposées en lien avec le conflit. Elles visent notamment des soldats franco-israéliens d’une unité d’élite de l’armée israélienne, l’entreprise française d’armement Eurolinks ou encore des Franco-Israéliens qui se rendraient complices du crime de colonisation.

Après l’une de ces plaintes, le Parquet national antiterroriste a aussi demandé à un juge d’instruction parisien d’enquêter pour «crimes de guerre» dans le dossier de la mort de deux enfants français dans un bombardement israélien à Gaza en octobre 2023.

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