L’émissaire de Donald Trump a déclaré mercredi que le plan visant à mettre fin à la guerre à Gaza passait désormais à la phase deux, dont l’objectif est de désarmer le Hamas. «Nous annonçons le lancement de la phase deux du plan en 20 points du président visant à mettre fin au conflit à Gaza, passant du cessez-le-feu à la démilitarisation, à la gouvernance technocratique et à la reconstruction» de la bande de Gaza, a écrit l’envoyé Steve Witkoff sur X.
L’Egypte, le Qatar et la Turquie, médiateurs dans le conflit à Gaza, ont annoncé dans la soirée que l’ancien vice-ministre palestinien, Ali Shaath, dirigerait ce comité. Dans un communiqué conjoint, les médiateurs ont qualifié la création de ce comité «d’évolution importante [...] pour consolider la stabilité et améliorer les conditions humanitaires» dans le territoire palestinien, où un cessez-le-feu précaire est en vigueur depuis le 10 octobre.
Plus tôt dans la journée, le gouvernement égyptien avait annoncé qu’un «consensus» avait été trouvé sur les noms des membres du comité technocratique palestinien de 15 personnes chargé d’administrer la bande de Gaza aux termes du plan de Donald Trump. «Nous espérons qu’à la suite de cet accord, le comité sera bientôt annoncé […] puis déployé dans la bande de Gaza pour gérer la vie quotidienne et les services essentiels», avait ajouté le ministre des Affaires étrangères Badr Abdelatty, à l’issue de pourparlers sur la question au Caire.
Le programme en 20 points présenté en octobre par le président américain après deux ans de guerre prévoit que ce comité de transition gouverne le territoire palestinien sous la supervision d’un Conseil de la paix, présidé par Donald Trump lui-même.
Décryptage
Une délégation du Hamas et des médiateurs égyptiens s’étaient réunis mercredi au Caire pour travailler à la formation du comité et examiner ses mécanismes opérationnels, avaient indiqué plus tôt des responsables du mouvement islamiste palestinien sous couvert d’anonymat, faute de pouvoir s’exprimer publiquement sur ces questions. Parallèlement, des discussions doivent être menées avec les dirigeants d’autres mouvements palestiniens, a précisé l’un d’entre eux.
Outre la composition du comité, elles porteront notamment sur «l’accord de cessez-le-feu à la lumière des violations israéliennes» à Gaza, a-t-il ajouté. Un autre responsable du Hamas a indiqué qu’une fois un accord conclu, le président palestinien Mahmoud Abbas devrait publier un décret présidentiel établissant officiellement ce comité.
En plus du nom d’Ali Shaath, ancien vice-ministre de la Planification de l’Autorité palestinienne, circulait pour prendre la direction du comité le nom de Majed Abou Ramadan, actuel ministre de la Santé et ancien maire de Gaza, a précisé ce responsable, interrogé par l’AFP. «Un accord final sur les noms devrait être trouvé entre le Fatah», mouvement de Mahmoud Abbas, «et le Hamas […] pour assurer un soutien unifié au travail du comité», a-t-il ajouté. Le Hamas a déclaré à plusieurs reprises qu’il ne cherchait pas à jouer un rôle au sein de la future gouvernance à Gaza.
Soutien du Hamas
La majorité des mouvements palestiniens, dont le Hamas, et la présidence palestinienne ont apporté leur soutien au comité. Dans un communiqué publié à l’issue d’une réunion au Caire, ces mouvements, incluant aussi le Jihad islamique, déclarent «soutenir les efforts des médiateurs pour la formation du comité national palestinien transitoire».
Dans un communiqué relayé par l’agence de presse officielle Wafa, la présidence palestinienne, basée à Ramallah, apporte également son soutien à cet organe, ce qui, selon une source de la présidence «reflète la position du Fatah», dont le président palestinien Mahmoud Abbas est le chef.
Les pourparlers du Caire portent également sur le retrait des forces israéliennes de Gaza, la réouverture du point de passage avec l’Egypte de Rafah, au sud de la bande de Gaza, et l’entrée de l’aide stockée côté égyptien, a précisé le Hamas.
Les opérations du Conseil de la paix sur le terrain doivent être dirigées par le diplomate bulgare Nickolay Mladenov, ancien envoyé des Nations unies pour le processus de paix au Moyen-Orient de 2015 à fin 2020. Donald Trump devrait annoncer dans les prochains jours les noms des membres de ce Conseil de la paix, les médias évoquant une quinzaine de dirigeants internationaux.




