L’Unrwa a dénoncé une «attaque sans précédent» après la démolition par Israël de bâtiments de son siège de Jérusalem-Est ce mardi. Cela «constitue une violation grave du droit international ainsi que des privilèges et immunités des Nations unies», a affirmé Roland Friedrich, directeur de l’Unrwa en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. «Comme tous les Etats membres de l’ONU, Israël est tenu de protéger et de respecter l’inviolabilité des locaux de l’ONU», a souligné de son côté Jonathan Fowler, porte-parole de l’agence.
Des forces israéliennes ont «pris d’assaut» le complexe peu après 7 heures a expliqué Jonathan Fowler, précisant qu’elles avaient forcé les gardes de sécurité à quitter le site, puis que des bulldozers étaient entrés et avaient commencé à démolir les lieux. Les engins de chantier ont détruit au moins un bâtiment du complexe, au-dessus duquel flotte un drapeau israélien, a constaté le photographe de l’AFP, qui a également vu des responsables politiques israéliens sur place.
«Violation grave du droit international»
«Le complexe ne bénéficie d’aucune immunité, et sa saisie par les autorités israéliennes a été effectuée conformément au droit israélien et international», a affirmé le ministère des Affaires étrangères. Un responsable de l’agence a dénoncé «une violation grave du droit international ainsi que des privilèges et immunités des Nations unies». L’antenne de l’agence à Jérusalem-Est, partie de la ville annexée par Israël en 1967, n’est plus occupé par les salariés depuis un an, après l’interdiction de ses activités par Israël, entrée en vigueur le 30 janvier 2025. Du fait de l’annexion de Jérusalem-Est par Israël, jugée illégale par l’ONU, cette interdiction s’y applique.
Analyse
Le Parlement israélien avait approuvé fin décembre un projet de loi soutenu par le gouvernement qui interdit de fournir de l’eau ou de l’électricité à un bien immobilier appartenant à l’Unrwa. En 2024, Israël avait déjà interdit à l’Unrwa d’opérer sur son sol après avoir accusé certains de ses employés de participation à l’attaque du mouvement islamiste palestinien Hamas du 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre à Gaza.
En avril 2024, une enquête menée à la demande de l’ONU par l’ancienne ministre française des Affaires étrangères Catherine Colonna avait révélé des «problèmes de neutralité» au sein de l’organisation, mais affirmé qu’Israël n’avait «pas encore fourni de preuves» à l’appui de ses allégations selon lesquelles «un nombre important d’employés de l’Unrwa sont membres d’organisations terroristes». L’ONU avait finalement annoncé en août de la même année avoir limogé neuf des employés de l’Unrwa, indiquant qu’ils pourraient avoir été impliqués dans ces attaques.




