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Cessez-le-feu

Guerre à Gaza : le Conseil de la paix formé, le plan américain entre dans sa deuxième phase

Donald Trump a annoncé jeudi soir le lancement de la phase 2 du plan visant à mettre fin à la guerre dans l’enclave palestinienne. Elle doit mener à sa «reconstruction», selon l’émissaire américain pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff.

Des filles palestiniennes jouent au milieu des bâtiments détruits par les opérations aériennes et terrestres israéliennes dans le quartier de Zeitoun, à Gaza, mercredi 14 janvier 2026. (AP Photo/Jehad Alshrafi) (Jehad Alshrafi/AP)
Publié le 16/01/2026 à 9h54

La reconstruction de Gaza «made in USA» est en marche. Jeudi soir, Donald Trump a annoncé que le Conseil de la paix pour Gaza avait été formé, étape centrale du plan américain pour le territoire palestinien, avant d’ajouter que l’identité des membres de cet organe qu’il présidera seront annoncés prochainement.

Ce conseil aura pour mission de superviser un comité palestinien temporaire et apolitique composé de 15 technocrates. Sur sa plateforme Truth Social, Trump a rappelé qu’«en tant que président du Conseil pour la paix», il soutenait ce comité transitoire d’experts qui aura pour mission de «gouverner Gaza pendant sa transition». C’est Ali Shaath, un ingénieur civil et ancien haut fonctionnaire, qui a été choisi pour le diriger. Il aura la lourde tâche de piloter la première étape de la reconstruction du territoire palestinien en ruine.

Selon Shaath, ce comité va s’appuyer sur «des cerveaux plutôt que des armes» et ne coordonnerait pas son action avec des groupes armés. «Ces dirigeants palestiniens sont fermement engagés en faveur d’un avenir PACIFIQUE  a assuré Donald Trump à ce sujet dans son message.

Entrée en vigueur mercredi, la phase 2 du plan américain visant à mettre fin à la guerre dans la bande de Gaza doit mener à «la reconstruction» du territoire palestinien, selon l’émissaire américain pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff. Dans ce cadre, Donald Trump a insisté sur l’importance d’un «accord de démilitarisation GLOBAL avec le Hamas, prévoyant la remise de TOUTES les armes et le démantèlement de TOUS les tunnels».

«Le Hamas doit IMMÉDIATEMENT honorer ses engagements, notamment la restitution du dernier corps à Israël», a ajouté le dirigeant américain, le gouvernement Nétanyahou, accusant le Hamas de retarder la remise de la dépouille du policier Ran Gvili. De son côté, le mouvement islamiste palestinien affirme peiner à le retrouver en raison des destructions massives à Gaza et faute de matériel. Le Hamas accuse également l’Etat hébreu de violations répétées du cessez-le-feu, notamment par des frappes aériennes, des tirs sur des civils et l’avancée de la «ligne jaune», qui délimite la zone contrôlée par les troupes israéliennes.

Pour l’ONU, il y a urgence à agir face à «la destruction totale» à Gaza

Le plan Trump prévoit aussi le déploiement d’une Force internationale de stabilisation (FIS) chargée d’aider à sécuriser Gaza et de former des unités de police palestiniennes. Ancien envoyé des Nations unies pour le processus de paix au Moyen-Orient, le diplomate bulgare Nikolaï Mladenov est pressenti pour diriger les opérations de terrain du Conseil de la paix.

Les autres représentants du conseil seront issus notamment du Royaume-Uni, d’Allemagne, de France, d’Italie, d’Arabie Saoudite, du Qatar, d’Egypte et de Turquie, selon le média américain Axios.

Dans le territoire palestinien dévasté par deux ans de guerre, dont les frontières et points d’accès restent sous contrôle israélien, les pénuries de nourriture, eau potable, médicaments et carburant sont devenues une épreuve du quotidien.

La première phase du plan de 20 points de Donald Trump, commencée par l’entrée en vigueur le 10 octobre d’un cessez-le-feu qui a permis le retour des otages enlevés lors de l’attaque du 7 octobre 2023, devait pourtant permettre l’afflux d’aide humanitaire. Toutefois, les ONG opérant à Gaza accusent Israël – qui dément – d’entraver l’entrée de l’aide. Humanitaires et habitants déplorent régulièrement le manque de mesures concrètes permettant d’amorcer ce chantier titanesque. L’ONU a souligné jeudi l’urgence d’agir face à la «destruction totale» à Gaza, décrivant des habitants vivant dans des conditions «inhumaines».

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