Le soleil n’était pas encore levé lorsque l’armée israélienne a bombardé, dans la nuit du vendredi 9 au samedi 10 août, la mosquée d’une école dans la ville de Gaza. Vers 4h30, trois missiles se sont abattus sur l’établissement scolaire Al-Tabi’een, qui servait d’abri à des centaines de déplacés. Des Palestiniens s’apprêtaient à accomplir la prière de l’aube, juste avant les premières lueurs du jour. Le bilan est très lourd : au moins 93 personnes ont été tuées, dont onze enfants et six femmes, selon la Défense civile gazaouie.
Des images difficiles montraient ce week-end des corps sans vie enveloppés dans d’épaisses couvertures multicolores et des familles en pleurs près des sacs mortuaires dispersés à même le sol. «La zone est jonchée de cadavres. Il est très difficile pour les ambulanciers d’identifier un corps entier, a témoigné Mahmoud Bassal, porte-parole de la Défense civile. Il y a un bras ici, une jambe là…» Des dizaines de blessés, souvent dans un état critique, ont été transportés en urgence à l’hôpital Al-Ahli, dans le centre-ville de Gaza. Certains ont dû être amputés avec du matériel médical mal stérilisé. Il s’agit d’une des attaques les plus meurtrières depuis le début d’une guerre interminable, dont le bilan approche




