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Analyse

Guerre Hamas-Israël : à Gaza, les voix étouffées des victimes

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Presse étrangère privée d’accès, presse locale contrainte de travailler dans des conditions épouvantables : Israël a imposé un verrouillage massif de l’information sur l’enclave palestinienne. Dans ces conditions, les souffrances de la population restent souvent un concept abstrait pour les regards extérieurs.

Le corps du journaliste palestinien Akram al-Shafii, tué dans une frappe israélienne le 6 janvier, devant son fils Zain à l’hôpital européen de Khan Younès. (Arafat Barbakh/Reuters)
Publié le 02/02/2024 à 20h59

Les chiffres accablants des morts, des blessés, des affamés et surtout des déplacés et des sans-abri entassés dans la bande de Gaza depuis le début de l’offensive israélienne ne manquent pas. Ils sont fournis tous les jours par le ministère de la Santé local, «contrôlé par le Hamas» selon la formule consacrée, comme par différentes agences de l’ONU ou ONG intervenant sur le terrain. Ils sont en hausse accélérée ces derniers jours avec l’intensification des bombardements dans le sud de l’enclave assiégée. Vendredi soir, ce nombre s’élevait à plus de 27 000 victimes, dont une majorité de femmes et d’enfants. Mais ces statistiques, ou les cris d’alarme de l’ONU ou des organisations internationales, ne permettent pas de voir ou de deviner les visages des victimes, les souffrances des familles, la famine qui s’installe, le désastre social et sanitaire et en somme les êtres humains qui se cachent derrière ces chiffres. «We are not numbers» («Nous ne sommes pas des chiffres») est d’ailleurs le nom d’un programme lancé dès 2015 à Gaza par l’ONG Euro-Mediterranean Human Rights Monitor. Il organise des ateliers d’écriture pour de jeunes «reporters», qui rac

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