Les frappes israéliennes continuent ce lundi 25 décembre sur la bande de Gaza, où les civils sont toujours au bord de la famine après un Noël lugubre pour les Palestiniens de Bethléem en Cisjordanie occupée, terni par le poids de plus de deux mois de guerre. L’enclave palestinienne n’a connu aucun répit lors de la veillée de Noël. Tôt ce lundi, un bombardement a fait 12 morts près du petit village d’Al-Zawaida (centre), selon le ministère de la Santé du Hamas, qui affirme également que dans la nuit, un bombardement à Khan Younès (sud) a fait au moins. Le centre du territoire a aussi subi une cinquantaine de frappes successives. Libération fait le point sur les dernières informations sur le conflit.
Des dizaines de civils tués dans des frappes, une quinzaine de militaires de Tsahal ont péri au combat. Le week-end a été particulièrement meurtrier dans cette bande de terre surpeuplée et contrôlée depuis 2007 par le Hamas, organisation considérée comme terroriste par Israël, les Etats-Unis et l’Union européenne. Au moins 70 personnes ont été tuées dans une frappe dimanche sur le camp de réfugiés d’Al-Maghazi, toujours selon le Hamas. Un bilan qui n’a pu être confirmé de manière indépendante. L’armée israélienne dit ce lundi «enquêter» sur une frappe dans ce camp de réfugiés.
Côté israélien, une quinzaine de militaires sont morts ces trois derniers jours. Ce lundi matin, l’armée a annoncé la mort de deux nouveaux soldats, portant à 156 le nombre de ses pertes depuis que ses troupes opèrent au sol dans Gaza. «Nous payons un très lourd tribut à la guerre, mais nous n’avons pas d’autre choix que de continuer à combattre», a martelé dimanche le Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou. «Nous sommes confrontés à des monstres, a-t-il insisté dans son message de Noël, adressé aux chrétiens du monde entier. C’est une bataille, non seulement d’Israël contre ces barbares, mais aussi une bataille de la civilisation contre la barbarie.»
Un haut gradé des Gardiens de la révolution tué en Syrie par un bombardement israélien. Le général iranien Razi Moussavi, l’un des conseillers les plus expérimentés des Gardiens en Syrie, serait mort lors d’une attaque imputée à Israël contre le quartier de Sayyida Zeinab, dans le sud de Damas, selon l’agence officielle iranienne Irna. Dans un communiqué, les Gardiens ont présenté le «brigadier-général Moussavi» comme «le responsable logistique de l’axe de la résistance» en Syrie. «Cette action est sans aucun doute un autre signe de frustration, d’impuissance et d’incapacité du régime sioniste usurpateur dans la région», a déclaré le président iranien Ebraïm Raïssi dans un communiqué, promettant qu’Israël «paiera certainement pour ce crime».
Benyamin Nétanyahou dit s’être rendu à Gaza et annonce une «intensification» des combats. Le Premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou a annoncé s’être rendu à Gaza ce lundi et promis «une intensification» des combats en cours dans le territoire palestinien contre le Hamas. «Je reviens maintenant de Gaza. Nous n’arrêtons pas, nous continuons de nous battre et nous intensifions les combats dans les jours à venir et ça sera une longue guerre qui n’est pas près de finir», a déclaré Benyamin Nétanyahou devant les élus de son parti, le Likoud, selon un communiqué de ce dernier.
Le pape dénonce la «situation humanitaire désespérée» à Gaza dans son discours de Noël. Le pape François a dénoncé ce lundi dans son traditionnel message de Noël «la situation humanitaire désespérée» à Gaza, appelant à la libération des otages encore retenus et à l’arrêt de la guerre, «folie sans excuses» dans le territoire palestinien comme ailleurs. «Je porte dans mon cœur la douleur pour les victimes de l’odieuse attaque du 7 octobre dernier et je renouvelle un appel pressant pour la libération de ceux qui sont encore retenus en otage», a déclaré François, 87 ans, dans son traditionnel discours «Urbi et Orbi» («à la ville de Rome et au monde»).
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«Je demande que cessent les opérations militaires, avec leur effroyable suite de victimes civiles innocentes, et que l’on remédie à la situation humanitaire désespérée en ouvrant à l’arrivée de l’aide humanitaire», a-t-il ajouté devant plusieurs milliers de pèlerins réunis sur la place Saint-Pierre. Dans son homélie prononcée dimanche soir lors de la messe de Noël en la Basilique Saint-Pierre, il déplorait déjà «le fracas des armes» dans la bande de Gaza. «Nous devons arrêter ces hostilités et tourner la page», a pour sa part plaidé dimanche le patriarche latin de Jérusalem, Pierbattista Pizzaballa, venu célébrer Noël à Bethléem en Cisjordanie avec un keffieh noir et blanc autour du cou. Dans cette ville qui a vu naître Jésus, selon la tradition chrétienne, les célébrations de Noël ont été largement annulées par la municipalité palestinienne et la tristesse domine.
A Gaza, un système de santé «décimé» d’après le patron de l’OMS. La situation humanitaire à Gaza reste désastreuse : la plupart des hôpitaux y sont hors service et, dans les six prochaines semaines, l’ensemble de la population risque de subir un niveau élevé d’insécurité alimentaire, pouvant aller jusqu’à la famine, selon l’ONU. «La décimation du système de santé de Gaza est une tragédie», a déploré dimanche le chef de l’Organisation mondiale de la Santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus. Malgré le vote vendredi par le Conseil de sécurité de l’ONU d’une résolution réclamant l’acheminement «immédiat» et «à grande échelle» de l’aide humanitaire, celle-ci n’a pas connu d’augmentation significative.
Le chef du Jihad islamique au Caire pour des pourparlers de trêve. De leurs côtés, les médiateurs égyptiens et qataris tentent toujours de négocier une nouvelle trêve, après une pause dans les combats de sept jours fin novembre, qui a permis la libération de 105 otages et de 240 prisonniers palestiniens, ainsi que l’entrée à Gaza d’importants convois d’aide humanitaire. Selon une source au sein du Jihad islamique, le chef de ce mouvement armé palestinien allié du Hamas est arrivé à la tête d’une délégation au Caire.
Le conflit a fait 20 424 morts dans la bande de Gaza, majoritairement des femmes, adolescents et enfants, selon le dernier bilan du ministère de la Santé du Hamas. Il a aussi forcé 1,9 million d’habitants à fuir leur domicile, soit 85 % de la population de l’enclave palestinienne selon l’ONU. Israël a juré de détruire le Hamas, après l’attaque terroriste d’une ampleur et d’une violence sans précédent menée par le mouvement islamiste le 7 octobre, qui a fait environ 1 140 morts en majorité des civils, selon les derniers chiffres officiels israéliens. Ce jour-là, les commandos palestiniens ont aussi enlevé environ 250 personnes dont 129 restent détenues à Gaza, selon Israël.




