Les minibus viennent de déposer un dernier groupe de femmes en tchador. Dans ce complexe de Haret Hreik, en banlieue sud de Beyrouth, le rassemblement peut commencer. Comme toujours lors des grand-messes du Hezbollah où le cérémonial et les slogans se répètent en tout point, seuls quelques détails changeants disent la température du moment. Et il est difficile d’échapper à celui qui, ce lundi 26 novembre, habille la foule : le drapeau de la république islamique d’Iran brandi partout.
Sur une vaste estrade devant la marée de fanions, un orchestre de cuivres entonne l’hymne iranien, sous un portrait de plusieurs mètres à l’effigie d’Ali Khamenei. Pour ne laisser aucun doute, le motif de la mobilisation est inscrit en lettres blanches près de l’écran géant : «Rassemblement de solidarité avec la république islamique d’Iran, ses sages dirigeants et son peuple fier.» Comprendre surtout : la partie de son peuple qui n’a pas pris la rue. Car devant les semaines de révolte en Iran, provoquant l’une des répressions les plus sanglantes de l’histoire du régime et dont on peine encore à chiffre




