Une «ingérence scandaleuse». L’ONG Médecins sans frontières (MSF) a annoncé ce samedi 3 janvier qu’elle pourrait mettre fin à ses activités dans la bande de Gaza en mars si Israël ne revenait pas sur sa décision de l’y interdire. L’Etat hébreu a confirmé jeudi interdire d’accès à la bande de Gaza 37 organisations humanitaires internationales majeures, à qui il reproche de ne pas avoir communiqué la liste des noms de ses employés. Cette liste est désormais exigée officiellement à des fins de «sécurité», selon Israël, pour «empêcher l’infiltration d’opérateurs terroristes au sein des structures humanitaires».
«Pour travailler en Palestine, dans les territoires palestiniens occupés, nous devons être enregistrés […] Cet enregistrement a pris fin le 31 décembre 2025», a expliqué ce samedi sur France Inter Isabelle Defourny, médecin et présidente de MSF France. «Depuis le mois de juillet 2025, nous étions impliqués dans un processus de réenregistrement et à ce jour, nous n’avons pas reçu de réponse. […] On a encore soixante jours pendant lesquels on pourrait travailler sans être réenregistrés, et donc nous devrions mettre fin à nos activités en mars» si Israël maintenait sa décision de sanction, a-t-elle ajouté.
L’ONG dispose d’une quarantaine de personnels internationaux dans la bande de Gaza et travaille avec 800 personnels palestiniens dans huit hôpitaux. «On a encore du staff international qui, très récemment, ces derniers jours, a pu rentrer dans Gaza», a néanmoins précisé Isabelle Defourny.
Des conséquences dramatiques
L’arrêt des opérations de MSF, tout comme celles des nombreuses autres ONG, pourrait être dramatique dans un territoire qui se relève doucement de deux ans de guerre. «On est le second distributeur d’eau [dans la bande de Gaza]. L’année dernière, en 2025, on a pris en charge un peu plus de 100 000 personnes blessées, brûlées, victimes de différents traumatismes. On est les deuxièmes en nombre d’accouchements effectués», détaille la présidente de l’ONG.
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S’appuyant notamment sur une note du Cogat, l’organisme du ministère israélien de la Défense chargé des affaires civiles palestiniennes, Isabelle Defourny a estimé que la décision de sanction israélienne s’expliquait par le fait que les ONG «témoignent sur les violences commises par l’armée israélienne» à Gaza.
«Les journalistes internationaux n’ont jamais été autorisés à Gaza, les journalistes nationaux sont […] ciblés les uns après les autres, tués par l’armée israélienne», a-t-elle ajouté. Et de rappeler que «plus de 500 humanitaires ont été tués, dont 15 membres de MSF» dans des bombardements de l’armée israélienne depuis octobre 2023.




