La rédaction de Libération résume les principales actualités du jour sur la situation en Iran. Le point précédent est à lire ici.
Les manifestations se sont poursuivies
Des manifestants ont à nouveau défilé en Iran vendredi soir, au treizième jour du plus important mouvement de contestation contre le pouvoir depuis plus de trois ans. Malgré la répression, des habitants ont notamment défilé sur plusieurs artères de la capitale Téhéran, ainsi que dans plusieurs grandes villes du pays, selon des vidéos publiées sur les réseaux sociaux malgré le blocage des communications.
[ 🇮🇷 IRAN ]
— Little Think Tank (@L_ThinkTank) January 9, 2026
🔸 Lors de manifestations à Ispahan, des manifestants ont crié « À bas le dictateur ». pic.twitter.com/GOQOovblzx
Plus de 200 manifestants tués, selon le magazine américain Time
Selon l’hebdomadaire américain, les manifestations contre le gouvernement iranien ont été sévèrement réprimées jeudi soir. Les soldats du régime ont ouvert le feu dans de nombreux endroits de la capitale, ciblant les manifestants. Le Time s’appuie sur le témoignage d’un médecin de Téhéran sous couvert d’anonymat, qui fait savoir que six hôpitaux de la capitale ont enregistré au moins 217 décès de manifestants, «la plupart par des tirs d’armes à feu».
Vendredi soir, l’agence de presse Human Rights Activist News Agency, basée à Washington, qui ne recense que les victimes identifiées, a fait état d’au moins 63 morts depuis le début des manifestations, dont 49 civils.
Internet toujours coupé depuis jeudi
La coupure d’internet décidée jeudi par les autorités iraniennes en raison des manifestations contre le pouvoir est toujours en place, a souligné ce samedi l’ONG de surveillance de la cybersécurité Netblocks. «L’Iran est désormais coupé du reste du monde depuis 48 heures», a écrit l’organisation sur le réseau social X. Cela «limite considérablement la capacité des Iraniens à s’assurer de la sécurité de leurs amis et de leurs proches»,
Interview
Les craintes d’un massacre dans l’obscurité
La lauréate du prix Nobel de la Paix 2003, l’avocate iranienne en exil Shirin Ebadi, a dit redouter vendredi soir un «massacre sous le couvert d’un black-out total des communications». La coupure nationale d’internet «n’est pas un problème technique en Iran, c’est une tactique», a-t-elle dénoncé. Shirin Ebadi s’est notamment alarmée d’informations faisant état de raids des forces de sécurité dans les hôpitaux contre des manifestants blessés.
Le fils du Shah appelle à la mobilisation
Reza Pahlavi, le fils de l’ancien chah et figure de l’opposition iranienne en exil aux Etats-Unis, a appelé ce samedi les manifestants en Iran à «se préparer à prendre» les centres-villes. Dans un message sur X, il exhorte les Iraniens «à descendre tous dans la rue» ce samedi et dimanche en fin de journée, «afin d’occuper l’espace public», soulignant que «l’objectif n’est plus seulement de manifester dans la rue» mais de prendre les centres-villes, en «restant sur le terrain».
Profil
Les cinéastes iraniens dénoncent une «répression flagrante»
Les cinéastes iraniens Jafar Panahi et Mohammad Rasoulof ont exprimé ce samedi «leur vive préoccupation» face à «la répression flagrante» des manifestants en Iran, où internet est bloqué depuis 36 heures. «Le régime iranien a coupé les outils de communication à l’intérieur du pays» et «bloqué tous les moyens de contact avec le monde extérieur», soulignent les deux dissidents dans un message publié sur le compte Instagram de Jafar Panahi, Palme d’or du dernier festival de Cannes. «Le recours à de telles mesures vise à dissimuler les violences infligées lors de la répression des manifestations», avertissent-ils, appelant la communauté internationale à «mettre en place des moyens de communication pour surveiller ce qui se passe dans le pays».
Trump menace à nouveau le régime et propose «d’aider» les manifestants
«Vous feriez mieux de ne pas commencer à tirer, parce qu’on va tirer aussi», a lancé le président américain vendredi soir à l’égard des autorités iraniennes. «S’ils commencent à tuer des personnes comme ils l’ont fait par le passé, alors nous interviendrons», a-t-il continué, ajoutant : «Cela ne veut pas dire que nous enverrons des troupes au sol, mais cela veut dire que nous les frapperons très, très fort, là où ça fait mal». Donald Trump a estimé que le régime a «de gros problèmes» : «Il me semble que le peuple est en train de prendre le contrôle de certaines villes, ce que personne n’aurait cru possible il y a encore quelques semaines. Nous suivons la situation de très près», a ajouté le chef d’Etat américain.
Ce samedi soir, Donald Trump s’est de nouveau exprimé sur la situation : «L’Iran aspire à la liberté, comme peut-être jamais auparavant. Les Etats-Unis se tiennent prêts à aider !!!», a-t-il écrit dans un court message sur sa plateforme Truth Social.
L’UE se dit «aux côtés» des manifestants et condamne la répression
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a déclaré ce samedi après-midi que l’Europe soutenait «pleinement» les manifestations massives en Iran et condamnait la «répression violente» contre les participants. «Les rues de Téhéran, et des villes du monde entier, résonnent des pas des femmes et des hommes iraniens qui réclament la liberté. La liberté de parler, de se rassembler, de voyager et, surtout, de vivre librement. L’Europe se tient pleinement à leurs côtés», a affirmé Ursula von der Leyen, dans une déclaration en ligne. «Nous condamnons sans équivoque la répression violente de ces manifestations légitimes. Les responsables resteront dans les mémoires du mauvais côté de l’histoire», a-t-elle ajouté.




