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Droits humains

Iran : après son arrestation, la Prix Nobel de la Paix, Narges Mohammadi, est «souffrante»

La militante des droits humains a assuré auprès de sa famille avoir reçu «de violents coups de matraque répétés à la tête et au cou» lors de son arrestation, vendredi 12 décembre. Ses soutiens appellent à sa libération «inconditionnelle».

Narges Mohammadi, le 3 juillet 2008 à Téhéran. (Vahid Salemi/AP)
Publié le 15/12/2025 à 14h47, mis à jour le 15/12/2025 à 15h01

Une énième arrestation et un état de santé qui inquiète. Le comité de soutien de Narges Mohammadi a alerté ce lundi 15 décembre sur l’état de santé de la Prix Nobel de la paix 2023 qui semble «souffrante», affirmant qu’elle a été emmenée deux fois à l’hôpital depuis son arrestation «violente» vendredi en Iran.

Lors d’un «bref» coup de téléphone dimanche avec sa famille, Narges Mohammadi a raconté avoir reçu «de violents coups de matraque répétés à la tête et au cou» lors de son arrestation, a écrit sur X le comité de soutien, ajoutant : «Son état physique au moment de l’appel n’était pas bon, et elle semblait souffrante.» Narges Mohammadi, «a déclaré lors de l’appel que les coups portés étaient d’une violence inouïe et qu’elle avait dû être conduite deux fois aux urgences. Elle a insisté sur le fait qu’elle ignorait quel service de sécurité la détenait», a relaté le comité de soutien.

«Narges a brièvement téléphoné à mon frère en Iran», a confirmé l’un de ses frères, Hamid Mohammadi, vivant en Norvège : «Elle a été violemment frappée à la tête et au visage et a donc été emmenée voir un médecin pour un examen. Elle n’est pas hospitalisée et elle est toujours en détention.»

La militante de 53 ans a été interpellée vendredi dans la ville de Mashad, dans l’est de l’Iran, après avoir pris la parole lors d’une cérémonie en hommage à l’avocat Khosrow Alikordi, retrouvé mort début décembre. Selon le procureur de Mashad, Hassan Hemmatifar, 38 personnes ont été arrêtées lors de la cérémonie, dont Narges Mohammadi et une autre militante connue, Sepideh Gholian, tandis que le frère de Me Alikordi, Javad, a été arrêté plus tard dans la journée.

Soutien de Jafar Panahi

Un collectif de militants iraniens, parmi lesquels les cinéastes Jafar Panahi, Palme d’or à Cannes, et Mohammad Rassoulof, a appelé ce lundi à la libération «immédiate et inconditionnelle» de la militante et des autres personnes arrêtées. «Cette action démontre plus que jamais que la répression des voix civiques sous prétexte de troubles à l’ordre public est une manœuvre préméditée», a-t-il été ajouté.

Narges Mohammadi, arrêtée pour la dernière fois en novembre 2021, a passé de nombreuses années derrière les barreaux. La lauréate du prix Nobel a bénéficié d’une permission de sortie temporaire pour raisons de santé en décembre 2024, en raison de problèmes pulmonaires notamment.

Selon son comité de soutien, Narges Mohammadi a dit qu’elle était accusée de «coopérer avec le gouvernement israélien», ennemi juré de la république islamique d’Iran. Les autorités iraniennes n’ont pour l’heure confirmé aucune accusation.

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