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Iran : heurts dans le bazar de Téhéran au dixième jour de contestation, 27 morts depuis le début du mouvement

Initialement liée au coût de la vie, la mobilisation qui a démarré dans la capitale le 28 décembre, a touché depuis des villes, petites ou moyennes, dans l’ouest du pays. Elle pose un défi de taille au guide Ali Khamenei, 86 ans, au pouvoir depuis 1989.

Les forces de sécurité iraniennes utilisant des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants dans le bazar de Téhéran (capture d'écran) le mardi 6 janvier. (AFP)
Publié le 06/01/2026 à 21h26

Des incidents entre manifestants et policiers ont éclaté ce mardi 6 janvier dans le bazar de Téhéran, poumon économique du pays, pour la première fois depuis le début de la contestation qui secoue l’Iran. Le mouvement, commencé le 28 décembre dans la capitale avant de gagner d’autres provinces du pays, a fait au moins 27 morts, dont cinq enfants, selon un bilan de l’ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège. Plus de 1 000 personnes ont été arrêtées au total.

L’ouest du pays est particulièrement touché : les forces de l’ordre ont ouvert le feu samedi sur des manifestants dans le comté de Malekshahi, faisant six morts, selon IHR. Avant d’investir le jour suivant le principal hôpital de cette province pour y arrêter des manifestants blessés. La présidence a ordonné une enquête sur cet incident. C’est aussi près de Malekshahi qu’un policier a été tué par balle ce mardi, selon l’agence de presse iranienne Fars. Les médias iraniens relayant des annonces officielles font eux état de 13 morts au 10e jour des manifestations, dont des membres des forces de sécurité.

Défi à Khamenei

Initialement lié au coût de la vie, le mouvement est le plus important depuis celui déclenché fin 2022 par la mort en détention de Mahsa Amini, arrêtée pour avoir enfreint le strict code vestimentaire féminin. Il touche ou a touché au moins 45 villes, essentiellement petites et moyennes et surtout situées dans l’ouest du pays, selon un décompte de l’AFP basé sur les annonces officielles et des médias. Sans être comparable à ce stade à la mobilisation «Femme, Vie, Liberté» de 2022-2023, il pose un important défi au guide Ali Khamenei, 86 ans et au pouvoir depuis 1989. Il éclate au moment où le pays est affaibli après la guerre avec Israël en juin et les coups portés à plusieurs de ses alliés régionaux, tandis que l’ONU a rétabli en septembre des sanctions liées au programme nucléaire iranien.

Le gouvernement du président Massoud Pezeshkian a annoncé dimanche une aide mensuelle de 10 millions de rials (environ six euros) par personne, pendant quatre mois, pour «réduire la pression économique sur la population». Mais la justice iranienne a prévenu qu’elle ne ferait preuve d’«aucune indulgence» envers les émeutiers. De nombreuses personnes auraient notamment été arrêtées dans la ville de Yassouj, dans l’Ouest, où ont eu lieu plusieurs manifestations ces derniers jours, selon des vidéos sur les réseaux sociaux.

Dans son fil sur X en persan, le département d’Etat américain a reposté une vidéo de personnes réclamant la libération de leurs enfants en criant : «Leurs enfants au Canada, les nôtres en prison !», allusion aux enfants de l’élite iranienne faisant leurs études à l’étranger. «La République islamique doit entendre la voix de son peuple et immédiatement libérer tous les détenus», selon ce message.

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