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Iran : le régime fait un premier bilan officiel sous-estimé de la répression des manifestations

Selon plusieurs ONG basées à l’étranger, le nombre de personnes tuées par le régime est largement plus élevé que les 3 117 personnes évoquées dans la soirée, mercredi 21 janvier.

Une manifestation anti-gouvernement en Iran à Téhéran, le 9 janvier (AP)
Publié le 21/01/2026 à 20h05

C’est un premier bilan, brutal et sous-estimé, mais ce sont les premiers chiffres dispensés par le régime. Selon une source proche du ministère de l’Intérieur citées par la télévision d’Etat iranienne, ce sont 3 117 personnes qui ont été tuées lors de l’effroyable répression des manifestations anti-pouvoir en Iran, entre le 28 décembre et la mi-janvier.

Selon la fondation des Martyrs, citée à la télévision d’Etat, sur ce total officiel, 2 427 personnes étaient à la fois des civils et des militaires, sans apporter de précision sur la répartition des morts entre manifestants et membres de l’armée, ni faire de commentaire sur le reste. Des chiffres qui correspondent peu ou prou le vague bilan dressé par le guide suprême Khamenei. Dans un discours samedi, l’ayatollah avait fait porter la responsabilité des «milliers de morts» aux Etats-Unis, accusés d’être derrière ce mouvement.

Le bilan pourrait dépasser les 20 000 morts

Le bilan annoncé par le médiat d’Etat reste bien au-dessous de celui dressé par différentes ONG iraniennes installées à l’étranger. Basée aux Etats-Unis, la Human rights activists news agency, dont les estimations passées, fondées sur un réseau installé dans le pays, ont fait foi, porte à 4 560 le nombre de morts. Selon l’ONG Iran Human Rights (IHR), installée de son côté en Norvège et dont les chiffres sont cités par l’ONU, au moins 3 428 manifestants ont été tués. Un journaliste à Téhéran indiquait le 9 janvier être «arrivé à 5 000 morts, au grand minimum». Le bilan pourrait même dépasser les 20 000 morts.

Ce nombre de morts officiel dépasse celui projeté par un officiel iranien auprès de Reuters, qui s’élève à 2 000, et dans lequel il qualifiait les défunts de «terroristes». D Il excède celui observé pour n’importe quel mouvement de protestation étouffé depuis l’installation de la République islamique en 1979. Et pourrait s’aggraver sous les coups de la férocité de la justice du régime de l’ayatollah Khamenei, qui a appelé ce samedi à «briser le dos des séditieux». Des dizaines de milliers de personnes ont par ailleurs été arrêtées, dont certaines, souligne le parquet iranien, seront poursuivies pour «moharebeh (guerre contre dieu)», passible de la peine de mort.

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