Narges Mohammadi tente de se faire entendre. L’Iranienne, prix Nobel de la paix en 2023 et emprisonnée en Iran depuis décembre, est en grève de la faim depuis trois jours, a fait savoir mercredi 4 février l’avocate de sa famille. La militante «demande [à] obtenir son droit d’exercer un appel», de pouvoir avoir «accès à ses avocats en Iran» et de recevoir de la visite, précise son conseil, Chirinne Ardakani, basée à Paris.
Narges Mohammadi est à l’isolement dans sa prison de Mashhad, dans l’est de l’Iran, où elle avait été arrêtée le 12 décembre avec d’autres militants, après avoir pris la parole lors d’une cérémonie en hommage à un avocat retrouvé mort. Elle a été arrêtée avant le déclenchement du mouvement de contestation réprimé dans le sang par les autorités.
Interdiction de passer des appels
Le dernier appel à sa famille date du 14 décembre. Celle-ci a été informée de la grève de la faim par un détenu libéré récemment. Ses soutiens affirment que l’interdiction de passer des appels est une tentative de réduire au silence la militante, de crainte qu’elle ne s’exprime sur le mouvement de contestation.
Témoignage exceptionnel
L’ONG Amnesty International avait accusé les forces de sécurité d’avoir commis des actes de «torture et autres mauvais traitements» lors de son arrestation, notamment en la «passant violemment à tabac». Mi-décembre, sa famille avait indiqué qu’elle était «souffrante» et que les autorités lui refusaient un examen médical indépendant après son arrestation «violente».
La militante avait également été arrêtée en novembre 2021 et emprisonnée jusqu’à sa remise en liberté provisoire pour des problèmes pulmonaires fin 2024.
Elle a passé de nombreuses années derrière les barreaux mais n’a jamais cessé de militer pour les droits humains et la défense des prisonniers politiques, lui valant le Nobel de la paix. Ses deux enfants, qui vivent à Paris avec son mari, ont reçu le prix en son nom à Oslo en 2023. Elle ne les a pas vus depuis plus de dix ans.




