Plus de 15 frappes de la coalition militaire menée par Riyad ont visé ce mercredi 7 janvier la province de Dhale, dans le sud-ouest du Yémen, alors que le chef du Conseil de transition du Sud (STC), Aïdarous al-Zoubaïdi, devait se rendre dans la capitale saoudienne pour des pourparlers de paix entre les différentes factions à la tête du pays.
Selon la coalition, le chef des séparatistes a «fui vers un lieu inconnu» et n’est pas monté dans l’avion qui devait le conduire mardi en Arabie Saoudite. Le chef du Conseil présidentiel, l’organe exécutif yéménite, a annoncé dans la foulée la révocation d’Aïdarous al-Zoubaïdi pour «haute trahison» et ordonné son défèrement devant le procureur général pour avoir, entre autres, «constitué une bande armée», commis des meurtres de militaires et de civils et violé la Constitution.
Conflit
Ces «frappes préventives limitées» ont pour objectif, selon la coalition, d’empêcher les séparatistes soutenus par les Emirats arabes unis d’«étendre le conflit» qui les oppose aux factions gouvernementales, proches de Riyad. Elles ont tué au moins 4 civils et fait 6 blessés, selon des sources hospitalières.
Le chef des séparatistes toujours à Aden
Les discussions prévues ce mercredi à Riyad, à l’initiative de l’Arabie saoudite, devaient mettre fin aux affrontements entre les factions yéménites. En décembre, les forces séparatistes d’Al-Zoubaïdi s’étaient emparées de vastes territoires, avant d’être repoussées par leurs rivaux. Si le STC avait confirmé sa participation à ces discussions, la coalition dit avoir reçu dans la nuit «des informations selon lesquelles Aïdarous al-Zoubaïdi avait déplacé une importante force, comprenant des blindés, des véhicules de combat, des armes lourdes et légères et des munitions» vers la province de Dhale, son fief dans le sud-ouest du Yémen.
Un responsable de la sécurité à Aden a affirmé à l’AFP que la tâche de sécuriser la ville avait été confiée aux forces de sécurité et à la police d’Aden, toutes deux contrôlées par le vice-président du STC, Abdulrahman al-Mahrami, également membre du Conseil présidentiel. Selon un autre responsable, le STC a évacué son quartier général à Aden il y a deux jours, par crainte des bombardements saoudiens.
Les séparatistes du Yémen ont exhorté ce mercredi l’Arabie saoudite à cesser «immédiatement» ses frappes dans le pays et assuré que leur chef se trouvait toujours à Aden, la capitale provisoire, où il «continue d’exercer ses fonctions». Le porte-parole du STC a par ailleurs déclaré à l’AFP que le contact avait été perdu avec la délégation du mouvement partie dans la nuit, sans son chef, pour assister aux pourparlers de paix. Dans un communiqué, le mouvement appelle le royaume saoudien à «garantir la sécurité de sa délégation actuellement à Riyad».




