Sagement alignées dans un hangar aux murs maculés de graffitis, quatre jeunes filles, les yeux brillants sous leurs burqas roses, prune et violette, échangent des histoires en attendant que les batteries de leurs lampes LED portables achèvent leur charge. L’électricité a été coupée dans l’ensemble du camp de Roj, planté dans les steppes désertiques du nord-est syrien, entre les bras mécaniques des pompes à pétrole qui scandent le paysage.
Seuls les générateurs mis à disposition par l’administration du camp permettent d’emmagasiner, pour quelques heures à peine, l’énergie nécessaire à l’éclairage nocturne. «Et depuis une semaine, il n’y a plus d’école non plus», fait remarquer Salima (prénom d’emprunt), 10 ans, dans un français parfait. Comme des centaines d’autres mineurs enfermés depuis des années dans cette prison à ciel ouvert, qui rassemble près de 2 200 femmes et enfants, dont une quarantaine de familles françaises, elle est la fille de partisans étrangers de l’Etat islamique.
Sa mère, une Française arrivée à l’époque où le Califat s’étendait de l’Irak à la Syrie, est «part




