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Libération
Reportage

«La France a laissé la situation s’enliser» : dans le sud-est de la Syrie, le futur incertain des détenus jihadistes et de leurs familles

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Après l’accord entre les Kurdes et l’Etat syrien, le sort de milliers de combattants de Daech et celui de leurs enfants, femmes ou ex-épouses retenus, dont des Français, reste en suspens, les rapatriements se faisant au compte-goutte.

Dans le camp de Roj, les détenues décrivent de graves exactions commises par les forces kurdes. (Baderkhan Ahmad/AP)
ParIris Lambert
envoyée spéciale dans le Nord-Est de la Syrie
Publié le 12/02/2026 à 15h33

Sagement alignées dans un hangar aux murs maculés de graffitis, quatre jeunes filles, les yeux brillants sous leurs burqas roses, prune et violette, échangent des histoires en attendant que les batteries de leurs lampes LED portables achèvent leur charge. L’électricité a été coupée dans l’ensemble du camp de Roj, planté dans les steppes désertiques du nord-est syrien, entre les bras mécaniques des pompes à pétrole qui scandent le paysage.

Seuls les générateurs mis à disposition par l’administration du camp permettent d’emmagasiner, pour quelques heures à peine, l’énergie nécessaire à l’éclairage nocturne. «Et depuis une semaine, il n’y a plus d’école non plus», fait remarquer Salima (prénom d’emprunt), 10 ans, dans un français parfait. Comme des centaines d’autres mineurs enfermés depuis des années dans cette prison à ciel ouvert, qui rassemble près de 2 200 femmes et enfants, dont une quarantaine de familles françaises, elle est la fille de partisans étrangers de l’Etat islamique.

​Sa mère, une Française arrivée à l’époque où le Califat s’étendait de l’Irak à la Syrie, est «part

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