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Récap

Khamenei appelle à «briser le dos des séditieux», légère reprise d’internet, Pahlavi en appelle à Macron… le point sur la situation en Iran ce samedi 17 janvier

La rédaction de «Libération» récapitule les principales actualités de la journée en Iran du samedi 17 janvier.

Ali Khamenei le 9 janvier 2026 à Téhéran (AFP)
Publié le 17/01/2026 à 9h30, mis à jour le 17/01/2026 à 13h17

Dans une déclaration face à ses partisans samedi 17 janvier, Ali Khamenei a demandé à ce que les autorités iraniennes «brisent le dos des séditieux», en référence aux manifestants qui défilent depuis décembre dans les rues du pays, au prix d’une répression sévère. Une répression qu’il a mise sur le dos de Donald Trump, qu’il tient «coupable des victimes, des dégâts et des accusations qu’il a portées contre la nation américaine». Selon le leader suprême iranien, le mouvement de mobilisation est «un complot américain», dont l’objectif est «d’avaler l’Iran et de replacer l’Iran sous domination militaire, politique et économique».

Internet reprend très doucement

L’ONG de surveillance de la cybersécurité Netblocks a annoncé samedi avoir décelé une «très légère» reprise de l’activité internet en Iran après plus de 200 heures de coupure en lien avec le mouvement de contestation.

«Les mesures montrent une très légère augmentation de la connectivité en Iran ce matin passé la marque des 200 heures», indique l’organisation sur ses réseaux sociaux, observant toutefois que «la connectivité générale reste à environ 2 % des niveaux habituels et il n’y a pas de signe de reprise significative».

Selon les groupes de défense de droits humains, la coupure d’internet en vigueur depuis le 8 janvier vise à cacher l’ampleur réelle de la répression, qui a fait au moins 3 428 morts depuis le début de mouvement fin décembre, selon l’ONG basée en Norvège Iran Human Rights (IHR). D’autres sources annoncent jusqu’à 6 000 morts.

Pahlavi persuadé que le régime va tomber

Depuis Washington, un opposant est assuré de la chute des mollahs. «La République islamique va tomber, ce n’est pas une question de si, mais de quand», a affirmé le fils du chah déchu en 1979 Reza Pahlavi lors d’une conférence de presse à Washington.

«Ce régime est à bout de souffle, il est sur le point de s’effondrer», a déclaré celui qui se fait toujours appeler prince et n’a jamais condamné explicitement les crimes de son père, au pouvoir avant l’avènement de la république islamique. Il a appelé les Iraniens à descendre à nouveau dans la rue samedi et dimanche à 20 heures locales «dans la colère et la protestation».

«Je vais retourner en Iran», a-t-il encore affirmé, ajoutant considérer être «le seul à pouvoir garantir une transition stable», alors que son nom, scandé ici et là dans les cortèges, ne fait pas forcément consensus parmi les manifestants, le nom de son père étant encore synonyme de torture d’opposants, de détention arbitraire et de libertés étouffées.

S’adressant au président français, Emmanuel Macron, dont la réponse face à la répression en Iran a pu être jugée timorée, Reza Pahlavi l’a incité à envoyer «un message clair» de soutien aux Iraniens. «Le choix est très simple à faire, et je conseille au président français, si je peux me permettre, d’écouter l’appel de millions d’Iraniens», a-t-il dit.

Les compagnies aériennes européennes invitées à éviter l’espace iranien

L’agence européenne de sécurité aérienne (AESA) recommande vendredi aux compagnies aériennes d’éviter l’espace aérien de l’Iran, citant un «risque élevé pour les vols civils» après les menaces d’intervention militaire américaine et la mise en alerte renforcée de l’armée iranienne. L’agence recommande dans un bulletin aux compagnies de ne pas «opérer dans l’espace aérien de l’Iran» et ce «à toutes altitudes».

Elle cite notamment «la situation actuelle et le potentiel pour une action militaire des États-Unis, qui a placé les forces de défense aérienne iraniennes en état d’alerte renforcé», ce qui augmente le risque d’une «erreur d’identification».

«La présence et l’utilisation possible d’une vaste gamme d’armements et de systèmes de défense aérienne, qui s’ajoute à des réponses étatiques imprévisibles et l’activation potentielle de systèmes SAM (missiles surface-air ndlr), créent un risque élevé pour les vols civils», souligne l’AESA.

Mise à jour à 13h16 avec la déclaration de Khamenei
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