Le long de la grande rue Naamani dans le sud de la capitale libanaise, Zaynab, depuis son balcon, regarde passer un petit groupe d’hommes en treillis, béret rouge solidement arrimé sur le haut du crâne. «Là, tu sens, jour après jour, que l’air devient un peu plus irrespirable», dit-elle simplement. Ce matin, elle avait tenté de dissuader son fils d’aller voir, à quelques encablures de là, le site de la frappe qui avait secoué la banlieue sud. «On respire tant qu’on peut mais je songe à partir de nouveau, confie la mère de famille en préparant le café. Les choses peuvent vite changer, il faut rester sur nos gardes.»
En vérité, le changement se devine déjà dans l’atmosphère : des drones israéliens qui bourdonnent un peu plus fort dans le ciel, des bombardements quotidiens qui atteignent maintenant la capitale… Cela faisait pourtant cinq mois que Beyrouth avait été épargnée. Dimanche 23 novembre, en fin de journée, huit missiles israéliens ont tué Haitham Ali Tabatabai dans une zone résidentielle de Haret Hreik.
L’homme,




