Dans ce quartier bourgeois et paisible du centre d’Istanbul, les terrasses des cafés sont remplies de trentenaires au look apprêté ou faussement décontracté, parfois accompagnés de leurs animaux de compagnie, venus profiter d’un éphémère retour du soleil. Saeid Soltani (nom d’emprunt), lui, n’a pas le cœur à bronzer et jette un regard inquiet au passage d’un 4X4 blanc et bleu des forces de police turques. «Cela fait cinq mois que je ne sors pas de ma rue, je quitte mon appartement uniquement pour faire des courses», témoigne le quadragénaire en enchaînant les cigarettes.
Cet activiste et écrivain iranien souhaitant garder l’anonymat par crainte des représailles des autorités turques et iraniennes a effectué plusieurs séjours en prison en Iran pour son combat en faveur de la défense des droits humains, et particulièrement contre l’application de la peine de mort à l’égard des personnes mineures. Il s’est enfui de l’Iran en 2017 pour trouver refuge dans la Turquie voisine. Il avait espéré y trouver un sanctuaire mais, les années passant, la situation s’est progressivement dégradée, au fil des politiques anti-migrants




